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Les universités torontoises ont présenté leurs plans antiracistes

Y a pas deux matins pareils, Ici première
Rattrapage du jeudi 29 avril 2021

Les universités torontoises ont présenté leurs plans antiracistes

Les universités torontoises publient leurs plans antiracistes, non sans critiques

Une affiche à l'entrée du Collège Glendon.
L'entrée principale du collège universitaire Glendon à Toronto.PHOTO : Radio-Canada / Julia Kosak
Y a pas deux matins pareils, Ici première
Y a pas deux matins pareilsPublié le 29 avril 2021

Un peu moins d'un an après le meurtre de l'Américain George Floyd et du mouvement antiraciste qui a suivi, les trois plus grandes universités torontoises ont présenté des plans pour lutter contre le racisme anti-Noir dans leurs institutions. L'Université de Toronto a été la dernière à le faire, publiant le rapport de son Anti-Black Racism Task Force le 14 avril.

À l’Université Ryerson, le Anti-Black Racism Campus Climate Review Report a été communiqué à la communauté universitaire en juillet 2020, 2 mois seulement après le début du mouvement. Le document fait état de 14 recommandations, notamment une plus grande place pour la diversité dans les programmes, départements et facultés, et l'accès à des ressources pour que les professeurs puissent développer des cours d’études noires dans leur programme.

Augmenter le nombre de professeurs noirs, ce n’est pas suffisant. Vous devez aussi avoir le contenu qui suit, donc un corps professoral noir qui enseignerait ce qu’on n’enseigne pas en ce moment, plaide la professeure Mélanie Knight, dont les recherches portent sur l’activisme noir.

« Ce qui est enseigné dans les universités, assume-t-on, c’est l’expérience universelle, mais ce n’est pas le cas. C’est en fait une expérience très spécifique, souvent très eurocentrique. »

—  Mélanie Knight

Le Anti-Black Racism Campus Climate Review Report rapporte que les professeurs à contrat tentent d’ajouter du contenu sur les personnes noires, mais que leurs suggestions sont soit rejetées, soit diminuées.

Une posture différente en public et en privé à l’Université York, selon un professeur

Deux semaines après la mort de George Floyd, la rectrice de l’Université York, Rhonda Lenton, s’est engagée à embaucher 6 professeurs noirs au cours des prochaines années, une cible revue à la hausse dans l’ébauche d’un plan d’action sur l’inclusion des personnes noires publiée en février par l’université.

Le cadre pour lutter contre le racisme anti-Noir qui accompagne le plan d’action est ancré sur sept « connaissances ». La première déclare que le racisme anti-Noir est généralisé et envahissant dans la société canadienne. Quelques lignes plus loin, le rapport note que le racisme anti-Noir est « intégré » dans toutes les institutions, et l’Université York ne fait pas exception.

Selon le professeur d’études françaises Aimé Avolonto, le message de l’université n’est pas assez clair. C’est presqu’un beau plan, mais un beau plan à côté duquel on nie l’existence de la chose à l’Université York. Vous allez lire : Oui le racisme systémique existe dans notre société, mais le plan ne dit pas que le racisme systémique existe à York, dit-il.

Nous sentons que nous avons reconnu l’existence de racisme anti-Noir dans notre société et que nous avons reconnu qu’il y a du travail que nous devons faire à l’Université York pour nous pencher sur le racisme anti-Noir, a répondu la vice-présidente, Sheila Cote-Meek.

Le professeur Aimé Avolonto, qui a déposé une plainte contre le Collège Glendon pour discrimination raciale devant le Tribunal des droits de la personne de l'Ontario, estime qu’il y a une différence entre la posture publique de l'Université York et son expérience de travail.

Il y a une grande différence entre la posture publique que les autorités de nos institutions prennent par rapport à cette endémie du racisme anti-Noir et le traitement qu’ils réservent en privé aux Noirs que nous sommes, pense Aimé Avolonto, qui dit avoir été banni de l’université.

L’Université York affirme que des actions ont été prises, suite à des enquêtes indépendantes qui ont déterminé que Aimé Avolonto avait harcelé des collègues au travail.

La sécurité des étudiants sous la loupe à l’Université de Toronto

Au mois d’août, un groupe d’une centaine de professeurs et étudiants de l’Université de Toronto ont demandé à l’université d’abolir son service policier. Quelques mois plus tard, dans son rapport sur le racisme anti-Noir, le Anti-Black Racism Task Force ne le recommande pas.

Le groupe de travail recommande plutôt que les policiers complètent un module obligatoire sur le racisme anti-Noir.