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Y a pas deux matins pareils, ICI Première.
Y a pas deux matins pareils, ICI Première.
Rattrapage du jeudi 1 avril 2021

Les lingettes jetées dans la toilette coûtent des millions aux municipalités

Lingettes jetées dans les toilettes : un problème devenu « ingérable »

Publié le 1 avril 2021
Des mains qui tiennent une lingette devant des toilettes.
Des lingettes s'accumulent dans les réseaux d'égout.PHOTO : Associated Press / Julio Cortez

Chaque année, les municipalités canadiennes dépensent 250 millions de dollars pour régler des problèmes liés à la présence de lingettes humides dans les égouts.

Selon Barry Orr, technicien en eaux usées à London et porte-parole du Municipal Enforcement Sewer Use Group, un groupe de techniciens ontariens, la situation est devenue ingérable.

Les ventes de lingettes désinfectantes ont explosé au cours des douze derniers mois, a remarqué M. Orr, mais leur emballage n’indique pas si elles sont jetables dans les toilettes ou pas. Les gens sont très confus. Ils associent les lingettes désinfectantes aux lingettes jetables dans les toilettes, observe-t-il.

Selon des recherches effectuées par Barry Orr à l’Université Ryerson en 2019, les lingettes humides, même celles identifiées comme jetables, ne se désintègrent pas toujours comme du papier toilette lorsqu’on tire la chasse d’eau.

Dans les égouts, les lingettes se lient parfois à des matières grasses pour créer des fatbergs, une masse flottante qui peut parfois peser des tonnes et bloquer les égouts. Les lingettes peuvent aussi entraver le bon fonctionnement du dégrilleur à chaîne, une machine qui retire les objets flottants dans l’usine de traitement des eaux usées.

Au mois de mai, à Cornwall, des lingettes désinfectantes ont interrompu le dégrilleur à chaîne. L'interruption a engendré des frais de réparation de 190 000 $ selon le Ottawa Citizen et des milliers de mètres cubes d’eaux usées ont été refoulés dans le fleuve Saint-Laurent.

À Toronto, des problèmes associables aux lingettes n’ont pas été rapportés depuis le début de la pandémie, mais la ville avise de ne pas jeter des lingettes humides aux toilettes, même celles identifiées comme jetables.

Mieux différencier ce qui est jetable et non-jetable

Barry Orr et Jennifer Leno, une technicienne en eaux usées pour la ville de Cobourg, travaillent depuis plus d’une décennie pour que des critères déterminant ce qui peut être jeté aux toilettes soient établis au Canada. Telle est la situation au Royaume-Uni depuis l’introduction du projet Fine to Flush en 2019.

Selon Jennifer Leno et Barry Orr, c’est l’industrie des tissus non-tissés qui détermine présentement ce qui peut être considéré jetable aux toilettes.

Le 29 mars, la ville de Cobourg est devenue la deuxième ville canadienne, après London, à signer un mémorandum d’entente signalant son appui aux standards de l'International Water Services Flushability Group. L’organisation a publié des standards en 2018 qui ont, par la suite, été révisés en novembre 2020.

Nous avons besoin d’un standard au Canada, nous avons besoin d’un député de la Chambre des communes qui va introduire les standards du IWSFG dans un projet de loi, lance Jennifer Leno.