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Y a pas deux matins pareils, ICI Première.
Y a pas deux matins pareils, ICI Première.
Rattrapage du mercredi 10 février 2021

Stationnement d'hôpitaux vides :  Des services aux patients pourraient être coupés

Les stationnements vides des hôpitaux pourraient coûter aux patients

Publié le 10 février 2021
Un grand bâtiment derrière un stationnement.
L'hôpital civique de Brampton. Vue du stationnement près de l'urgence. PHOTO : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Les visiteurs et patients ont été moins nombreux à stationner dans les hôpitaux de la région de Toronto depuis le début de la pandémie.

Résultat : certains hôpitaux ont perdu des milliers de dollars, ce qui pourrait modifier l'offre de services aux patients à l'avenir.

Au centre de santé régional de Southlake, à Newmarket, les pertes annualisées liées au stationnement ont atteint 3 millions de dollars depuis le début de la pandémie.

Selon Brian R. Golden, professeur à l’École de gestion Rotman de l'Université de Toronto et spécialiste des stratégies de gestion dans le milieu de la santé, certains hôpitaux pourraient ne pas remplacer immédiatement une personne qui quitte son poste. L’attente pour les chirurgies pourrait aussi s’allonger. Il y aura une poussée importante pour rattraper le retard et on n’aura pas les ressources pour le faire, dit-il.

L’hôpital de Markham-Stouffville a vu une chute significative de ses revenus associés au stationnement depuis le début de l’année, note Yeena Peng, une porte-parole. Le stationnement est une source majeure de financement pour l’hôpital, dit-elle.

Un système pas entièrement public

Bien que le système de santé canadien soit reconnu comme étant public et gratuit, le Ministère de la Santé de l'Ontario ne finance pas toutes les opérations des hôpitaux. Ces derniers doivent financer les coûts opérationnels avec d’autres sources de revenus, mais les options sont limitées.

Pour certains hôpitaux, le Ministère de la Santé va financer 80, 85 et même jusqu’à 100% des coûts opérationnels, mais pour certains réseaux comme le University Health Network, ça peut être près de 75 ou 80%, explique Brian R. Golden. Selon l’Association des hôpitaux de l’Ontario, environ 13% des revenus opérationnels de ses membres ne provenaient pas du Ministère de la Santé lors de l’année fiscale 2018-19.

Selon un document publié par l’association (Nouvelle fenêtre) [en anglais] en septembre 2020, les recettes des stationnements représentaient la deuxième plus grande perte financière pour les hôpitaux entre les mois d’avril et mai 2020.

Les hôpitaux régionaux plus touchés

Selon Brian R. Golden, les hôpitaux ontariens plus petits qui ne peuvent bénéficier de fondations d’envergure comme celles du University Health Network ou du Centre des sciences de la santé Sunnybrook, pourraient avoir plus de difficulté à compenser les pertes. Les fondations permettent d’acheter de l’équipement et de financer des programmes.

L’hôpital Northumberland Hills de Cobourg s’attend à ce que les revenus associés au stationnement chutent de moitié pour 2020-2021, comparativement à 2019-2020. Selon la porte-parole de l’hôpital, Jennifer Gillard, c’est en partie puisque les employés, les patients et les visiteurs n’ont pas eu à payer lors de la première vague et parce qu'il y a moins de visiteurs, en raison des restrictions sanitaires de l’hôpital.

À Alliston, à une heure au nord de Toronto, les revenus de l’hôpital Mémorial Stevenson ont chuté de 66% entre avril 2020 et janvier 2021. Cela nous met à risque d’enregistrer un déficit pour cette année fiscale, indique Rachael Ogorek, une porte-parole de l’hôpital. Les soins de nos patients et les équipements nécessaires pour les soigner de manière adéquate ne seront pas compromis, mais les pertes représenteront un défi d’un point de vue financier, ajoute-t-elle.

Des frais à l’encontre de la Loi canadienne sur la santé

Selon certains observateurs, les frais de stationnement vont à l’encontre de la Loi canadienne sur la santé, dont l’objectif principal est de protéger et rétablir le bien-être physique et mental des Canadiens sans que des obstacles financiers ou d’un autre ordre s’y opposent.

Dans un éditorial, publié en 2012 dans le Journal de l'Association médicale canadienne, le Dr Rajendra Kale, alors éditeur de la publication, suggérait que les frais de stationnement étaient des frais d’utilisation déguisés qui se moquent de l’objectif de la Loi canadienne sur la santé.

En soi, les [coûts des] stationnements dans les hôpitaux sont excessivement élevés et, s’il n’y a pas d'accommodement sérieux pour ces coûts, je peux imaginer que pour une personne qui souffre de cancer ou d’une maladie chronique, qui requiert des visites régulières à l’hôpital, pour des personnes qui ont des problèmes financiers, ça peut constituer un obstacle financier, selon Trudo Lemmens, professeur en droit de la santé à l’Université de Toronto.