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Y a pas deux matins pareils, ICI Première.
Y a pas deux matins pareils, ICI Première.
Rattrapage du vendredi 19 février 2021

Un événement met en valeur des artisans noirs dans le domaine de la restauration

Souligner le talent culinaire des personnes noires en Ontario

Publié le 19 février 2021
Affiche promotionnelle de l'événement «Celebrating Black Voices in Ontario Food and Wine» qui présente Steve Byfield, Suzanne Barr, Anushka Garnier et Beverly Crandon.
Anushka Garnier souhaite que l'événement «Celebrating Black Voices in Ontario Food and Wine» contribue à faire tomber des barrière dans le milieu de la restauration et du vin en Ontario.PHOTO : Avec l'autorisation d'Anushka Garnier

CHRONIQUE | C'est avec l'objectif d'amplifier les voix des personnes noires dans le milieu de la restauration et du vin en Ontario que se tiendra l'événement gourmand Celebrating Black Voices in Ontario Food and Wine le 27 février prochain.

Ce rendez-vous virtuel proposera un menu développé par les cheffes torontoises Suzanne Barr et Anushka Garnier, en compagnie de Steve Byfield, propriétaire du vignoble Nyrai Cellars, le seul vignoble dont le propriétaire est noir en Ontario et de Beverly Crandon, fondatrice deVinequity, un organisme qui aide les personnes autochtones, noires et de couleur à se tailler une place dans l’industrie.

En entrevue avec Jonathan Bouchard, Anushka Garnier, la propriétaire de l’entreprise Leaf and Bone affirme que le menu puise dans le vécu des quatre artisans. On appelle ça un millefeuille de goûts, d’expériences. C’est notre vie, nos croyances dans un menu, affirme-t-elle.

Au-delà des découvertes culinaires, l’événement se veut aussi une façon de dénoncer le racisme systémique dans le milieu de la restauration.

Anushka Garnier a étudié à Londres et travaillé dans des cuisines en Australie et Toronto. La cheffe a constaté qu’il est difficile pour les personnes autochtones, noires et de couleur de se tailler une place dans un milieu majoritairement masculin et blanc.

Ça ne change pas beaucoup, c’est très stiff. C’est très traditionnel, raconte-t-elle.

Selon l’entrepreneuse, le défi de s’exprimer librement est grand.

« Tu penses à ton travail, à ta place. Tu passes ton temps à penser à tout. C’est pas simple pour une personne qui n’a pas la même couleur pour dire quelque chose [...] parce que tu penses trop. C’est pas facile, c’est pas naturel. »

—  Anushka Garnier, cheffe et propriétaire Leaf and Bone

Renverser la vapeur

Selon Anushka Garnier, les institutions de formation doivent être à la base du changement structurel. La cheffe croit qu’il faut bien former les étudiants en les sensibilisant aux réalités des personnes autochtones, noires et de couleur. Elle note que les institutions ont un devoir de bien connaître les enjeux propres à ces personnes qui figurent parmi leurs étudiants.

Les employeurs ont aussi, selon elle, la responsabilité de créer des milieux de travail inclusifs et égalitaires.

Éliminer le racisme systémique dans le milieu de la restauration en Ontario est un travail de longue haleine. En juin 2020, Restaurants Canada s’engageait pour aider les entreprises à faire preuve d’inclusion et à encourager l’embauche de personnes autochtones, noires et de couleur.

Anushka Garnier croit que la mort de George Floyd a ouvert les yeux à bon nombre de personnes quant au racisme systémique à plus large échelle. La cheffe espère que cette mobilisation se poursuivra dans les cuisines ontariennes et ailleurs au pays. La conversation est commencée. C’est fini le rêve. On doit démonter les barrières, croit-elle.