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Première image du trou noir Sagittaire A* :  entrevue avec Sébastien Giguère

Vivement le retour, ICI Première
Rattrapage du jeudi 12 mai 2022

Première image du trou noir Sagittaire A* :  entrevue avec Sébastien Giguère

Sagittaire A*, « une image historique »

Sgr A*, le trou noir supermassif situé au centre de notre galaxie.
Sgr A*, le trou noir supermassif situé au centre de notre galaxie.PHOTO : EHT Collaboration
Vivement le retour, ICI Première
Vivement le retourPublié le 13 mai 2022

La toute première image de Sagittaire A*, le trou noir supermassif situé au centre de la Voie lactée, a été dévoilée jeudi. Le responsable de l'éducation à l'Astrolab du Mont-Mégantic Sébastien Giguère était au micro de Vivement le retour pour expliquer l'importance de cet exploit scientifique.

Ce qui est fascinant avec cette image-là, et celle dévoilée en 2019 aussi, qui sont les premières images d’observation directe d’un trou noir, ça fait 200 ans que l’intelligence humaine est fascinée par cette idée-là. [...] Au cours du 20siècle, on a réussi à percevoir qu’il y avait peut-être de vrais phénomènes astrophysiques qui pouvaient donner naissance à des phénomènes comme ça, que finalement ce ne serait pas juste une curiosité mathématique, mais que ça pourrait exister pour vrai. Ensuite, on a réussi à faire des observations indirectes qui nous donnaient des indices de la présence réelle de ces objets-là, et finalement, en 2019 et en 2022, on a les deux premières observations directes après 200 ans d’enquête, si on veut, raconte-t-il.

« Il reste encore beaucoup à découvrir, mais c’est une image historique. »

— Une citation de  Sébastien Giguère, responsable de l’éducation à l’Astrolab du Mont-Mégantic

On pouvait parler de trous noirs de façon théorique jusqu’ici, mais d’avoir des données empiriques, physiques, de vraies mesures à partir desquelles on peut tester des théories et discriminer certaines hypothèses, ça ouvre vraiment un nouveau champ de possibilités en termes de physique gravitationnelle. C’est vraiment le début de quelque chose pour certains chercheurs, ajoute-t-il.

Il indique être impressionné par l’exploit technologique derrière la prise de cette image.

Les 300 personnes qui ont travaillé là-dessus, les observatoires de plusieurs pays dans le monde, 10 télescopes qui ont contribué, une méthode de traitement des données qu’on essaie d’inventer et d’améliorer depuis 25 ans. Il y a tellement d’efforts scientifiques qui ont été faits pour ça, souligne-t-il.

Capturer cette image n’a en effet pas été une mince affaire.

« On parle de quelque chose dans la galaxie qui est environ à 27 000 années-lumière de nous. L’image qu’on vient de voir aujourd’hui est partie de là-bas au moment où il y avait quelques kilomètres de glace au Québec, ça fait 30 000 ans. »

— Une citation de  Sébastien Giguère, responsable de l’éducation à l’Astrolab du Mont-Mégantic

Ce qui nous donne la chance de les observer, c’est que la lumière, passé un certain horizon [...] ne peut plus s’échapper. La matière qui va spiraler, qui va s’effondrer à l’intérieur du trou noir avant de dépasser ce point de non-retour, va vraiment s’échauffer et s’accélérer à des températures et des vitesses incroyables. C’est cette accélération-là et cette température-là qui vont faire en sorte que la matière va émettre de la lumière qui elle, va voyager et qu’on va détecter, explique Sébastien Giguère.