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Les baleines noires ont toujours un statut précaire

Tout un samedi, ICI Première.
Audio fil du samedi 3 mars 2018

Les baleines noires ont toujours un statut précaire

La baleine noire de l’Atlantique Nord est « la plus en danger sur la planète »

La queue d'une baleine noire
La protection des baleines noires de l'Atlantique NordPHOTO : CCS image, NOAA
Tout un samedi, ICI Première.
Tout un samediPublié le 3 mars 2018

Le monde redoute l'extinction de la baleine noire de l'Atlantique Nord dans quelques années, mais une experte reste convaincue qu'il est possible de sauver l'espèce.

« C’est la baleine la plus en danger sur la planète présentement. Il en reste 451, de ces baleines noires dans l’Atlantique Nord », souligne Lyne Morissette, chercheuse scientifique, spécialiste de l'écologie des mammifères marins et membre de l’organisme North Atlantic Right Whale Consortium.

Il s’agit d’une espèce protégée en vertu des lois canadiennes et américaines.

« En protégeant les baleines, on protège aussi l’ensemble de leur écosystème parce que pour qu’une baleine soit en santé, ça lui prend un environnement sain. Souvent, on utilise les mots “espèces parapluies”. Ce sont des espèces qui ne sont pas nécessairement plus importantes que les autres dans l’écosystème. Par contre, en les protégeant, ça nous mène à protéger beaucoup d’autres espèces, donc la biodiversité au complet », explique Mme Morissette.

Vulnérable par son comportement

Le nombre de baleines noires de l’Atlantique Nord est faible en grande partie parce que l’espèce a fait l’objet d’une chasse intensive par le passé. Les baleiniers la recherchaient parce qu’elle ne coulait pas lorsqu’ils la harponnaient, explique Mme Morissette. De plus, la baleine noire nage lentement, ce qui la rend encore vulnérable de nos jours.

« La baleine noire mange en nageant à la surface la bouche ouverte puis en filtrant ce qui va passer dans sa bouche pendant qu’elle nage. Donc, elle nage très lentement. Ça la rendait très vulnérable à la chasse, mais ça la rend aussi vulnérable à d’autres types de menaces humaines, des collisions avec les bateaux, entre autres », affirme Lyne Morissette.

Le cycle de reproduction

Les baleines noires se déplacent aux endroits où leur nourriture est plus abondante, dans le golfe du Saint-Laurent et la baie de Fundy, notamment. Elles mettent bas au large des côtes américaines, jusqu’en Floride.

Les femelles sont fécondes à l’âge de 10 ans, elles peuvent avoir des petits durant les 10 années suivantes, mais pas plus qu’un seul par année, précise Mme Morissette. Aucun baleineau n’a toutefois encore été aperçu cette année dans les zones de reproduction.

Une baleine noire de l'Atlantique Nord femelle et son baleineau dans l'océan Atlantique au large de la frontière entre la Floride et la Géorgie, en février 2009.

Associated Press / Aquarium de Nouvelle-Angleterre

Il y a déjà eu des années durant lesquelles les scientifiques n’ont noté que cinq, trois ou même une seule naissance, explique Lyne Morissette. Il est possible, selon elle, qu’il n'y en ait aucune cette année. Il est possible aussi que des femelles mettent bas hors des zones habituelles sans qu'on les aperçoive, ajoute-t-elle.

Sauver l’espèce par une créativité collective

« Il est minuit moins une, mais la minute qui reste, elle est là et on peut faire une différence », affirme Lyne Morissette.

Au moins 17 baleines noires de l’Atlantique Nord sont mortes dans les eaux canadiennes et américaines en 2017, dont 12 dans le golfe du Saint-Laurent, et il n’y a eu que 5 naissances cette année-là. Les autopsies pratiquées sur sept carcasses ont démontré que quatre baleines ont succombé à une collision avec un navire, et que trois ont péri après avoir été retenues prisonnières d’engins de pêche.

Une baleine noire trouvée morte dans le golfe.

La Presse canadienne / Marine Animal Response Society

Lyne Morissette ne jette aucun blâme sur les pêcheurs. Au contraire, elle estime qu’ils peuvent contribuer à sauver les baleines.

« Il faut absolument arrêter de les [montrer] du doigt comme les méchants. Il n’y a pas un pêcheur qui se lève le matin et qui est ravi d’avoir une baleine morte dans ses filets. Il faut [...] travailler avec eux à trouver des solutions. Ils connaissent le milieu sur le bout de leurs doigts. Ils en ont, des idées. Je pense que c’est par une créativité collective qu’on va trouver des solutions », estime Lyne Morissette.