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Samedi et rien d'autre, ICI Première.
Samedi et rien d'autre, ICI Première.
Audio fil du samedi 27 octobre 2018

Affirmer l'identité culinaire québécoise : Entrevue avec Hélène Raymond

Identité culinaire québécoise : du pâté chinois à la bistronomie du terroir

Publié le 27 octobre 2018
Part de tourtière présentée dans une assiette avec un peu de salade.
Une part de de tourtière. PHOTO : getty images/istockphoto / martiapunts

L'identité culinaire québécoise se définit-elle toujours à partir des recettes de Jehane Benoît? Sommes-nous surtout une terre de métissage culinaire? « Oui et non », répond la journaliste Hélène Raymond, de retour du Colloque sur l'identité culinaire québécoise, où a été établie l'importance de distinguer les identités culinaires de chaque région.

Demandez à un Québécois ce qui caractérise la cuisine de son pays, et vous le trouverez bien embêté. Souvent un peu honteux des classiques de la cuisine de nos grands-mères, comme les ragoûts et cipailles d'antan, le Québécois moyen ne les considère pas à leur juste valeur. Devant la variété de la cuisine québécoise actuelle, influencée par des traditions culinaires du monde entier, il peine à établir une spécificité québécoise.

La réponse à cette question se trouve peut-être dans une revalorisation des cultures culinaires de chaque région. C'est du moins l'une des conclusions tirées par Hélène Raymond après avoir participé au Colloque sur l'identité culinaire québécoise organisé par le réseau des Économusées du Québec et le Conseil québécois du patrimoine vivant.

« On a peu à peu dévalorisé ce qui nous rattache au patrimoine et qui permettrait de distinguer les régions les unes des autres. Or, il y a un mouvement de retour à cette valorisation du terroir local : on mange avec fierté du phoque des Îles-de-la-Madeleine, du homard de la Côte-Nord, des bleuets du Lac-Saint-Jean. Certaines régions y arrivent plus facilement que d’autres. »

—  Hélène Raymond, journaliste et auteure spécialisée en agroalimentaire, agrotourisme et tourisme gourmand

Notre histoire culinaire est d'une grande richesse, mais elle est méconnue. Comme l'a établi l'historien Yvon Desloges – dont la journaliste Hélène Raymond a grandement apprécé la conférence au Colloque sur l'identité culinaire québécoise –, la province a transformé profondément ses habitudes culinaires tous les 60 ans, conservant chaque fois des éléments du passé pour constituer peu à peu une gastronomie complexe et variée.

De la cuisine autochtone, on est passés à une alimentation à la française, avant d'intégrer des éléments de culture culinaire anglaise, comme le thé et la pomme de terre. S'en est suivie la fameuse période de « cuisine canadienne », dont Jehane Benoît est la figure emblématique, puis une période internationale au cours de laquelle la cuisine québécoise se teinte d'influences du monde entier.

« J'ajouterais à cela la période actuelle, caractérisée par une célébration du rapport de proximité avec les artisans, précise Hélène Raymond. Il y a une redécouverte du travail des artisans tels que les boulangers, les fromagers, les éleveurs, les microbrasseurs ou les vignerons. Ces secteurs sont en pleine croissance, et les Québécois sont friands de leurs produits, qui leur permettent de redécouvrir leur terroir et leur patrimoine, qui est revisité à l'aune des tendances actuelles en alimentation. »

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