•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Votre destination audio, maintenant aussi sur le web !

Début du contenu

Région Zéro 8
Région Zéro 8
Rattrapage du lundi 21 juin 2021

Québec désigne la communauté de Kitcisakik comme lieu historique

La presqu’île de Kitcisakik désignée comme lieu historique

Publié le 21 juin 2021
La presqu’île de Kitcisakik.
La presqu’île de Kitcisakik a été désignée comme lieu historique.PHOTO : Annie Boisclair, ministère de la Culture et des Communications

La ministre de la Culture et des Communications, Mme Nathalie Roy, a profité de la Journée nationale des peuples autochtones pour annoncer la désignation de Kitcisakik comme lieu historique, en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

Kitcisakik est situé sur une presqu’île au sud de Val-d’Or, dans la réserve faunique La Vérendrye. La communauté est située dans un établissement, une terre attribuée à la communauté mais qui possède un statut différent de celui des réserves autochtones.

Il s’agit d’un lieu estival traditionnel, toujours utilisé par plusieurs membres de la communauté pour des rituels ou pour se rassembler l’été. Jimmy Papatie, ancien chef de la communauté de Kitcisakik, salue cette initiative du gouvernement.

« Il y a des gens qui vont là après la fonte des neiges et ils restent là jusqu’au mois de septembre-octobre parce que la plupart retourne dans le territoire et il y en a qui restent ici au lac Dozois. C’est sûr que c’est un village, pour nous c’est le cœur de la communauté. Quand on s'identifie à Kitcisakik, c’est de ce lieu-là qu’on parle », explique-t-il.

« C’est le lien qu’on a avec nos ancêtres et avec notre territoire. »

—  Jimmy Papatie, ancien chef de la communauté de Kitcisakik

La Loi sur le patrimoine culturel permettra à la communauté de mieux protéger les bâtiments historiques sur son territoire, dont une église construite en 1863 par des catholiques. « Pour nous, ce que ça représente, c’est un lieu où nos ancêtres ont vécu et c’est un lieu de rencontre aussi quand les Jésuites sont arrivés la dernière fois, avant les Anglicans et les Catholiques », raconte M. Papatie. Il est satisfait que la valeur patrimoniale du lieu ait enfin été reconnue.

Une école a déjà été construite par les Anglicans et une tentative de faire de l’agriculture a été effectuée par les Catholiques, se rappelle M. Papatie. Il est donc essentiel de protéger les bâtiments historiques restants. « Même si on construit un village avec l’eau potable et tout ça, il faut restaurer Kitcisakik, il faut promouvoir Kitcisakik, il faut reconstruire les maisons en bois ronds comme ça se fait au village historique Bourlamaque, et la mettre en valeur et la faire connaître parce qu’il ne faut pas que les gens oublient l’église de Kitcisakik. On l’a tout le temps rendue invisible, et elle n’apparaissait même pas dans les manuels d'histoire de la région », soutient-il.

Toutefois, il est encore trop tôt pour mesurer l’ampleur des mesures qui seront prises pour protéger le patrimoine sur le territoire. M. Papatie souhaiterait, en plus de la protection de la chapelle, que la route soit réparée puisqu’elle est accessible seulement en camion pour le moment. L’accessibilité du lieu permettrait d’attirer des touristes.

Ce territoire est un lieu de rassemblement traditionnel de la communauté anishinabek depuis plusieurs siècles. La Compagnie de la Baie d’Hudson y avait établi un poste de traite au 18e siècle puisqu’il s’agissait d’un lieu de rassemblement estival pour les familles vivant sur le territoire. Plusieurs missionnaires y ont également posé leurs valises et ont eu une grande influence sur les membres de la communauté.

Selon M. Papatie, le territoire maintenant protégé par la Loi sur le patrimoine culturel est un lieu significatif pour les membres de la communauté. « Pour nous, on a toujours été là, ça a été notre symbole de résistance à l’oppression, notre symbole de refus de notre ancêtre d’être mis en réserve. Pour nous, ça représente ça, c’est notre résilience. Et c’est aussi un endroit où il y a un équilibre entre les traditionalistes et la religion catholique », constate-t-il.