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Région Zéro 8
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Rattrapage du mercredi 9 juin 2021

Jocelyne Saucier décorée de l’Ordre des arts et des lettres du Québec

Jocelyne Saucier décorée de l’Ordre des arts et des lettres du Québec

Publié le 9 juin 2021
Une photo professionnelle de Jocelyne Saucier.
La romancière Jocelyne SaucierPHOTO : Ariane Ouellette

L'autrice rouynorandienne Jocelyne Saucier est nommée Compagne de l'Ordre des arts et des lettres du Québec, une prestigieuse distinction accordée à 18 artistes québécois cette année.

La romancière a appris la nouvelle il y a près d’un an et demi, mais la pandémie a repoussé la cérémonie prévue en juin 2020 à cette année.

J’écris depuis 40 ans. J’ai écrit longtemps sans être publiée. J’ai écrit longtemps aussi des livres qui ont été publiés, mais avec un petit succès, donc sans reconnaissance publique. Je croyais que je n’avais besoin de ça, la reconnaissance publique, parce que j’avais toujours écrit sans reconnaissance. Je ne le savais pas, mais il y avait toujours quelque chose en dedans de moi qui avait mal. Quand est arrivé le succès d’Il pleuvait des oiseaux, je me suis aperçue que cette chose-là qui avait mal en moi est disparue, confie-t-elle.

« Toutes ces années-là où j’écrivais sans reconnaissance, c’est long longtemps, c’est long assez pour l’angoisse existentielle et se demander si ce n’est pas rien que de l’entêtement aveugle de ma part ou s’il y a quelque chose là. Donc oui, la reconnaissance fait du bien. »

—  Jocelyne Saucier, auteure

Au-delà de la reconnaissance, Jocelyne Saucier dit ressentir un sentiment d’appartenance. D’ailleurs, la cérémonie qui devait avoir lieu, ça s’appelle la cérémonie de la remise des insignes de l’Ordre des arts et des lettres du Québec. Donc on vient me dire, en envoyant cet insigne-là que je vais recevoir par la poste, j’imagine, que j’appartiens au Québec en tant qu’écrivaine, dit-elle.

Cet hommage assure aussi une pérennité à son œuvre, croit-elle. Mes livres sont plus importants que moi, ils sont plus grands que moi, ça, c’est clair pour moi. Mes livres obtiennent une reconnaissance, une pérennité, ils restent là, fait-elle valoir.

Plusieurs romans de Jocelyne Saucier sont passés bien près de la rendre lauréate de différents prix prestigieux, mais c’est vraiment Il pleuvait des oiseaux qui l’a révélée au grand jour et a fait d’elle une écrivaine primée. Au fil des ans, Jocelyne Saucier n’a jamais vraiment douté de son choix d’écrire pour gagner sa vie.

« J’ai pris ce risque-là quand j’avais 30 ans. Je suis partie, avec ma fille qui avait cinq ans, en Afrique pour écrire un livre. Je ne savais pas ce que j’allais écrire, mais je suis partie avec mon packsack, ma fille dans une main, ma machine à écrire dans l’autre main. Je m’en allais écrire un roman, je ne savais pas ce que ça serait, mais je savais que ça serait ma vie. »

—  Jocelyne Saucier, auteure

En choisissant l’écriture, Jocelyne Saucier choisissait aussi un art qui pouvait se pratiquer de n’importe où, même de l'Abitibi-Témiscamingue. Pour les carrières qui demandent un public tout près, donc les artistes de la scène, c’est plus difficile parce qu’il faut voyager beaucoup. [...] Mais un art solitaire comme la littérature, j’aurais pu écrire de Tombouctou toute ma vie, image-t-elle.

La région et ses environs ont d’ailleurs teinté les récits de Jocelyne Saucier. J’écris à partir du nord, c’est sûr, c’est ça qui m’inspire, le nord du Québec, le nord de l’Ontario, l’Abitibi, le nord-est ontarien. On me parle beaucoup des grands espaces, de la nature, mais ce n’est pas tellement ça. Vous ne trouverez pas de longues pages où je vais m’extasier devant la nature, les grands espaces. C’est l’humain, les êtres humains qui vivent ici dans ces espaces-là, la force de vie qu’il y a ici, l’indépendance d’esprit et la liberté, explique-t-elle.

Son plus récent roman, À train perdu, est maintenant traduit en anglais, en espagnol et en allemand, mais le côté virtuel de cette sortie laisse Jocelyne Saucier un peu perplexe. Il fait son chemin, on verra bien ce qui en est, mais on dirait que c’est encore une fois irréel. Je sais que j’ai écrit ce roman-là, qu’il existe, qu’il est lu, et qu’il va avoir une existence ailleurs dans le monde, mais c’est bien étrange l’époque qu’on vit actuellement, en espérant qu’elle finisse bientôt, indique-t-elle.