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Région zéro 8 ICI Première.
Région zéro 8 ICI Première.
Rattrapage du mercredi 26 mai 2021

Des pics friands des poteaux électriques

Des pics friands de poteaux électriques menacent le réseau de distribution d’Hydro-Québec

Publié le 26 mai 2021
Un grand pic sur un poteau d'Hydro-Québec.
Un grand picPHOTO : gracieuseté Philippe Cadieux

Des chercheurs s'interrogent sur les motivations qui poussent des pics à trouer les poteaux du réseau de distribution électrique, tant pour se nourrir que pour s'y nicher. Loin d'être isolé, le phénomène a forcé le remplacement de plus de 40 000 poteaux par Hydro-Québec depuis 2013.

Un texte de Lise Millette

On estime à 5000 $ le coût de remplacement; dans les dernières années, ce sont près de 25 millions de dollars qui ont dû être investis par Hydro-Québec à cause des pics, commence le biologiste Louis Imbeau, chercheur de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, associé à l’étude qui sera menée par l’Université du Québec à Montréal sur le comportement des pics.

L’intérêt du chercheur Louis Imbeau pour les pics date de plusieurs années. Biologiste de formation, il s’est d’abord affairé à comprendre les impacts de la récolte forestière sur les oiseaux en forêt boréale.

Rapidement j’en suis venu à m’intéresser aux pics, parce que ce sont les espèces associées aux vieilles forêts et qui ont besoin de grands arbres pour s’alimenter ou pour y créer des cavités, explique-t-il.

Un pic flamboyant dans un poteau d'Hydro-Québec.

Un pic flamboyant dans un poteau d'Hydro-Québec

gracieuseté Philippe Cadieux

Ses connaissances sur l’écologie et l’habitat des pics en ont fait un interlocuteur privilégié pour tenter de mieux expliquer l’attrait des pics envers les poteaux électriques. À ce chapitre, les hypothèses sont nombreuses et chose certaine, de l’avis des chercheurs qui participent au projet de recherche, les pics ne s’attaquent pas à un poteau de manière aléatoire.

Ou bien l’arbre contient des ressources alimentaires, par exemple des poteaux colonisés par des fourmis charpentières, peut-être aussi que ces attaques sont liées à une rareté d’arbres de grands diamètres, on rajeunit la forêt, donc les grands arbres deviennent plus rares et les poteaux deviendraient intéressants pour excaver un espace pour un nid de grand pic, avance Louis Imbeau.

Près de 2 millions de dollars ont été alloués pour ces travaux de recherche, financés en partie par Hydro-Québec et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

Des travaux de caractérisation seront effectués en Abitibi-Témiscamingue pour documenter la superficie d’habitat, le type de peuplement et les zones où on retrouve des pics friands de poteaux électriques afin de développer des solutions de mitigation.