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Région Zéro 8
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Rattrapage du mercredi 31 mars 2021

Journée internationale de la visibilité trans  :  discussion avec Zoé Gagnon

Journée internationale de la visibilité trans : discussion avec Zoé Gagnon

Publié le 31 mars 2021
Une femme qui sourit devant le drapeau de la fierté transgenre.
Zoé Gagnon, femme trans vivant en AbitibiPHOTO : Gracieuseté

En cette Journée internationale de la visibilité trans, Zoé Gagnon, une femme trans de Rouyn-Noranda, témoigne de sa réalité.

Âgée de 43 ans, Zoé Gagnon a toujours su en son for intérieur qu’elle était une femme. C’est en juin 2020 que j’ai fait mon coming out, que j’ai dit à tout mon entourage que j’étais une femme trans, raconte-t-elle. C’est vraiment tout récent ma transition.

Après le choc initial, son entourage a généralement bien accepté son annonce, dit-elle. C’est sûr qu’il y a des périodes d’adaptation pas toujours évidentes, pour la famille proche et ceux qui m’ont connue avant, la différence entre utiliser le « il » ou le « elle ». Au début, pour la famille, ça a été plus difficile, mais je dirais que j’ai été bien acceptée, je n’ai pas eu de rejet ou de personnes qui m’ont reniée, rien de ça, confie-t-elle.

Comme une personne homosexuelle qui ferait son coming out à ses proches, une personne trans imagine souvent les pires scénarios, croit Zoé Gagnon. On met toujours tout à l’extrême, on se dit automatiquement “mon père va me rejeter, ma mère”. On a souvent ces grandes craintes là, mais souvent on a d’agréables surprises et souvent on pensait plus négativement par rapport à leur réaction, mais finalement, ça se passe bien, dit-elle, admettant que toutes les personnes trans n’ont pas cette chance.

La première étape de sa transition a été de se débarrasser de sa pilosité plus masculine.

« C’est à ce moment-là que j’ai vraiment compris que j’étais une femme, que je suis tombée en amour avec moi-même. Pour la première fois de ma vie, je m’aimais comme ça, j'acceptais l’image que je projetais, j’arrêtais de me regarder avec le regard de la société. »

—  Zoé Gagnon

Pour Zoé Gagnon, la plus grande visibilité accordée aux personnes trans ces dernières années a été un élément déclencheur dans sa décision d’entreprendre sa transition. Le fait d’avoir des modèles comme Khate Lessard, native d’Amos, l’a aussi aidée dans son affirmation. Ça m’a permis de voir que la société était probablement plus prête.

Le passage de Khate Lessard à Occupation Double puis comme collaboratrice à La semaine des 4 Julie a fait avancer la cause des personnes trans dans la société, selon Zoé Gagnon. Il y a une ouverture d’esprit peut-être un peu plus grande pour la population en général et ça permet aux personnes en questionnement de s’identifier à une personne trans qu’ils ont vue à la télé, souligne-t-elle.

Quand on parle de visibilité, c’est ça. On se fait une image de ce que c’est une femme trans, mais il ne faut pas comparer ça avec une femme cisgenre. Si on nous voyait plus, [par exemple]
dans une émission de télévision, où on voit des figurants passer à l’arrière, que certains figurants soient des personnes trans, pour qu’on se fasse une image de ce que c’est une femme trans… parce qu’on veut de la visibilité, mais en même temps, on aimerait ça aussi ne pas se faire pointer du doigt quand on se promène en ville
, ajoute-t-elle.

Toutes les femmes trans ne sont pas les mêmes, dit Zoé Gagnon. Il y a des femmes trans qui vont aller à l’extrême dans la féminité, qui vont aller dans les stéréotypes de genre, et il y en a d’autres que non. Moi, au contraire, je suis quand même assez naturelle, au niveau maquillage, je ne mets pas de fond de teint ou ces choses-là. Je m’aime comme je suis et je crois que je passe quand même assez bien aussi au niveau de la société. Le seul problème que j’ai, c’est au niveau de ma voix, elle est quand même assez grave, donc si je dis que je suis une femme et que vous entendez ma voix, c’est plus difficile pour le cerveau de rester en mode “je parle à une femme”, avoue-t-elle.