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Région zéro 8 ICI Première.
Région zéro 8 ICI Première.
Rattrapage du jeudi 4 mars 2021

Fierté agricole :  organisme pour aider les agriculteurs de la communauté LGBTQ+

Fierté agricole, un organisme pour aider les agriculteurs de la communauté LGBTQ+

Publié le 4 mars 2021
Un homme avec lunette et caquette
Joé Desjardins, Président de la Fierté AgricolePHOTO : Jean-Pierre Perouma

Depuis une dizaine d'années, un organisme soutient les agriculteurs qui sont membres de la communauté LGBTQ+. Le président de Fierté agricole, Joé Desjardins, est d'ailleurs originaire de Sainte-Gertrude-Manneville, tout près d'Amos.

La mission de l’organisme est de regrouper les personnes LGBTQ+ partageant un intérêt pour l'agriculture et la vie rurale. Donc oui, on s’adresse aux agriculteurs et agricultrices, mais aussi aux agronomes, aux étudiants en agriculture ou aux enseignants, jardiniers amateurs, gens en foresterie, le milieu équestre, tout le large spectre qui est rural et agricole, précise Joé Desjardins, qui vit maintenant dans Chaudière-Appalaches.

Les membres de la communauté vivant en milieu rural peuvent effectivement rencontrer plus de difficultés, faisant face à des préjugés, par exemple. La différence en région versus en grand centre, c’est qu’il n’y a pas de coming out partiel. Par exemple, à Montréal, on peut faire un coming out à ses amis, prendre le métro, se rendre au travail, personne ne le sait, revenir chez nous, les voisins ne le savent pas. Il y a une espèce [d’anonymat] partiel, fait valoir le président.

« En campagne, c’est très difficile de faire ça, parce que tout le monde se connaît. Moi, mon entreprise est à 50 pieds de ma porte de résidence, donc on s’entend que mes clients voient où j’habite. Ça change les choses. »

—  Joé Desjardins, président de Fierté agricole

La première participation d’un candidat homosexuel à la populaire émission L’Amour est dans le pré démocratise la situation pour les agriculteurs. Alex et ses prétendants y font mention d’obstacles pour certains agriculteurs homosexuels.

Ça faisait longtemps, chaque fois qu’ils ouvraient les candidatures à l’émission, on recevait beaucoup d’appels, de courriels qui disaient “faites des pressions pour qu’il y ait une acceptation de candidats LGBTQ+”. On avait une belle correspondance avec l’émission et ils étaient ouverts, il n’y avait juste pas encore eu de candidat, assure Joé Desjardins.

On s’entend que trouver l’amour à la télé, alors que c’est une des plus grandes émissions de Noovo, il y a beaucoup de monde qui nous regarde. Qu’on soit homosexuel ou pas, c’est gênant d’embrasser quelqu’un à la télé. Cette année, alors qu’ils avaient toujours été ouverts, il y a quelqu’un qui s’est inscrit. J’étais content de voir ça, en plus c’est Alex, que j’ai rencontré, mais sans plus, mais c’est une bonne personne. Les trois gars qui sont avec lui à la ferme ont l’air super bien, alors en plus, ce sont de belles images, les jeunes sont dynamiques, ils veulent vraiment. Ils ne sont pas là pour la game, ils sont là pour rencontrer, ajoute-t-il.

Peu importe son orientation sexuelle, il est difficile de trouver l’amour dans la communauté agricole, qui ne représente que 1 % de la population au Canada. Il n’y a pas beaucoup de monde qui est prêt à aller travailler sur les fermes, avance M. Desjardins.

Le métier exige de longues heures de travail et des responsabilités qui font en sorte que les agriculteurs sortent très peu. Si on décide qu’on va aller prendre une bière dans un bar gai et que ça fait six mois qu’on n’est pas sorti, le bar gai, si on est, disons, en Gaspésie, est peut-être à plusieurs heures de route, témoigne-t-il.

Si on a des animaux, c’est très difficile, on doit trouver un remplaçant, les animaux ne se gardent pas tout seuls. Est-ce qu’on paie un hôtel pour se rendre? Dans d’autres réalités plus urbaines, c’est plus facile, on peut juste y aller et revenir. Ce n’est pas aussi drastique du côté hétéro parce qu’il y a toujours des bars partout, mais ce n’est pas tout le monde qui est à l’aise d’aller dans un bar hétéro et d’essayer de voir si quelqu’un est gai pour aller lui parler, ajoute Joé Desjardins.

Les personnes de la communauté LGBTQ+ qui vivent en milieu rural ou agricole peuvent donc se référer à Fierté agricole pour du soutien ou des activités.