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30 000km2 de forêt, mais pas dans le bon secteur, soutient l’Action Boréale

Région Zéro 8
Rattrapage du lundi 7 décembre 2020

30 000km2 de forêt, mais pas dans le bon secteur, soutient l’Action Boréale

Aires protégées : 30 000 km2 de forêt, mais pas dans le bon secteur, soutient l’Action Boréale

Le président de l'Action boréale, Henri Jacob, en entrevue dans la forêt Piché-Lemoine.
Le président de l'Action boréale, Henri JacobPHOTO : Radio-Canada / Mélanie Picard
Région Zéro 8
Région zéro 8Publié le 7 décembre 2020

À quelques semaines de la date butoir qu'il s'était fixée pour arriver à protéger 17 % de son territoire, Québec rate la cible, croit l'Action boréale. Le gouvernement souhaiterait ajouter près de 30 000 km2 de territoires protégés, notamment au Nunavik, mais selon l'organisme environnemental, il faudrait plutôt se tourner vers le sud.

Nous, ce qu’on dit, on n’est pas contre qu’on protège des écosystèmes au nord, au contraire, mais ce dont on a peur, et ce qui semble être la stratégie, c’est de mettre de grands espaces protégés au nord, alors qu’il n’y a pas de grande menace, puisqu’il n’y a pas de forêt. Les seules menaces potentielles, c’est qu’un jour on pourrait peut-être découvrir des gisements miniers, souligne Henri Jacob, président de l’Action boréale.

Il croit que le gouvernement devrait plutôt se concentrer sur le sud de la province, où des écosystèmes sont vraiment menacés par l’activité industrielle. Depuis l'an 2000, on a une stratégie, qui a été signée à l'ONU en premier en 1992, et le Québec en l'an 2000 a décidé d'aller de l'avant avec cette stratégie-là, visant cinq objectifs qu'on a eus. On les a toutes ratées, nos cibles. Aujourd'hui on nous annonce qu'on a notre dernière cible, qui est d'atteindre 17 % d'ici la fin de l'année, rappelle M. Jacob.

Il considère que le gouvernement va à l'encontre de la stratégie, qui était de protéger 17 % dans chacune de ce qu'on appelle les provinces écologiques. Le Québec est divisé en 13 provinces écologiques. Il devait y avoir 17 %. Le nord correspond à une des provinces écologiques, comme les autres. Mais là, encore une fois, ce qu'on apprend, c'est que du côté forestier, on ne respectera même pas les ententes qui ont eu lieu dans les régions. Ici en Abitibi, il y a 12 territoires qui ont fait l'objet de consultations, qui sont des territoires beaucoup plus petits que ce que nous on aurait aimé avoir, mais on se serait rendus à 12 %, affirme M. Jacob.

« Tout ça a fait l'objet de consultations auprès de la population, auprès des communautés autochtones, auprès des intervenants économiques et tout ça, et on s'entendait, incluant des gens du ministère. Et là, le ministère [...] est en train de faire marche arrière. »

— Une citation de  Henri Jacob, président de l'Action boréale

L'Action boréale dénonce le fait qu'au sud du 49e parallèle, on n'atteindra vraisemblablement pas les 17 % d'aires protégées d'ici la fin de l'année. On n'atteindra même pas encore le 12 %, dit Henri Jacob. [...] Les aires protégées, ce n'est pas faire du pourcentage pour le fun de faire du pourcentage, c'est une stratégie pour préserver des exemples de chacun des grands écosystèmes dans le but d'imiter la nature pour éviter tous les problèmes qui vont venir avec les changements climatiques.

Henri Jacob se dit conscient que d'autres annonces peuvent encore venir d'ici la fin de 2020, date butoir pour l'atteinte du fameux 17 %. Nous, on veut prévenir le coup et ne pas se faire encore rouler dans la farine. Quand on nous utilise des grandes phrases de Bonhomme Sept Heures pour nous dire "on ne fermera pas un village pour une aire protégée"... Vous savez qu'en Abitibi ou dans les régions qu'on appelle régions-ressources, les seules fois qu'il y a eu un déclin majeur des populations ou des villages qui ont fermé, c'est à cause de la surexploitation des ressources et non pas de la conservation, affirme-t-il.

C'est une entente internationale. Si le gouvernement ne veut pas respecter les ententes internationales, qu'il ne les signe pas. S'il dit qu'on n'a pas besoin de protéger le Québec, pourquoi on signe ces grandes ententes là? C'est parce qu'on veut vendre nous aussi nos produits à l'international et pour ça, il faut respecter les ententes. Et l'entente qui a été signée à Rio sur la protection de la biodiversité est claire : il faut protéger des exemples de chacun des grands écosystèmes, parce que c'est de ça qu'on a besoin pour le futur, dit-il.