•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Début du contenu

Afro-descendante et rouynorandienne, elle témoigne du “p’tit racisme ordinaire”

Région Zéro 8
Rattrapage du mardi 7 juillet 2020

Afro-descendante et rouynorandienne, elle témoigne du “p’tit racisme ordinaire”

Afro-descendante et Rouynorandienne, elle témoigne du “p’tit racisme ordinaire”

Des illustrations de mains levées de différentes couleurs sur un arrière-plan noir.
La mort de George Floyd à Minneapolis amène les Canadiens à se questionner sur la présence du racisme systémique sur leur territoire.PHOTO : Radio-Canada / Emilee Flansberry-Lanoix
Région Zéro 8
Région zéro 8Publié le 7 juillet 2020

Dans la foulée du mouvement Black lives matter, plusieurs débats continuent d'avoir lieu à propos du racisme systémique. À plus petite échelle, les simples gestes et mots de tous les jours peuvent être racistes sans que l'on s'en rende compte. L'artiste Naadei Lyonnais, née à Rouyn-Noranda, témoigne du "p'tit racisme ordinaire".

Naadei Lyonnais rapporte que, depuis la mort de George Floyd et l’amplification du débat social à propos du racisme systémique, elle a vécu une sorte de prise de conscience.

J’ai été comme surprise de me questionner, mentionne l’autrice, compositrice et interprète.

Une foule compacte marche dans une rue.

Les manifestations se sont poursuivies à New York pour dénoncer le racisme systémique et la brutalité policière.

Getty Images / Spencer Platt

Elle a par la suite publié un texte au sujet de son expérience personnelle dans le magazine Urbania. Elle indique qu’elle a l’impression qu’au fil du temps, il s’installe une certaine difficulté à gérer la façon dont on est traité.

C’est comme s’il y a un mécanisme d’autodéfense qui se crée au fil des années pour pouvoir avoir un sentiment d’appartenance avec les gens qu’on côtoie tous les jours. C’est comme si on ignorait la différence qu’on vit au quotidien.

Les petites choses

Naadei Lyonnais mentionne quelques exemples de propos, de petites choses, de p’tit racisme, qui peuvent faire ressentir un malaise aux personnes racisées.

Tu viens d’où? lui demande-t-on souvent. Quand elle répond qu’elle est Québécoise et qu’elle vient de Rouyn-Noranda, les gens insistent et posent de nouveau la question. Même après avoir mentionné que sa mère et sa grand-mère viennent de l’Abitibi, et que son père vient d’Afrique, on lui dit "Ah, alors tu viens d’Afrique". Mais non, je viens vraiment de la rue Murdoch, dit-elle. Elle se désole de devoir en quelque sorte choisir une autre origine seulement à cause de la couleur de sa peau.

Pour écouter l'entrevue complète, cliquez sur l'audiofil.

Si on pousse ça plus loin, il n’y a personne au Québec qui vient vraiment du Québec, remarque-t-elle. C’étaient les autochtones, avant.

Ainsi, elle compare cela à demander à un Québécois à la peau blanche de quel pays viennent ses ancêtres européens.

« Ça va prendre combien de générations pour que je puisse me sentir chez moi, ici? »

— Une citation de  Naadei Lyonnais

Naadei Lyonnais rapporte aussi qu’on lui dit souvent : Tu as tellement une belle couleur, tu es bronzée, mais pas trop foncée.

Elle reconnaît que la personne le dit comme compliment. Par contre, ce que ça sous-entend, c’est que quelque chose est considéré comme “trop foncé”, souligne-t-elle.

Quand on est confronté à ça qu’est-ce qu’on dit? Est-ce que je dis merci? Si oui, c’est comme si j'approuvais que, un peu plus foncé que moi, c’est un peu trop noir, explique-t-elle.

Par ce texte, elle voulait démontrer qu’elle se demandait si elle faisait la bonne chance en ne mentionnant pas cette différence qu’elle vit. Si nous, en tant que minorités, on ne le dit pas que le petit racisme ordinaire nous blesse, c’est difficile pour les gens de savoir que ce qu’ils viennent de dire ou de faire, c’est maladroit.