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Le manque de civilité sur les réseaux sociaux expliqué

Région Zéro 8
Rattrapage du mardi 26 janvier 2021

Le manque de civilité sur les réseaux sociaux expliqué

Le manque de civilité sur les réseaux sociaux expliqué

Un enfant, un sac sur la tête, menace un vieil ordinateur.
Sur Internet, bien des utilisateurs des réseaux sociaux s'en donnent à coeur joie en répandant les fausses nouvelles et la haine.PHOTO : Getty Images / RichVintage
Région Zéro 8
Région zéro 8Publié le 26 janvier 2021

L'isolement causé par le confinement a augmenté l'utilisation des réseaux sociaux. L'une des conséquences de cette tendance est l'observation de plus de commentaires haineux et agressifs.

Une chronique de Janis Rivard

Y a-t-il donc plus d’agressivité dans les commentaires, ou est-ce parce que nous y sommes plus souvent confrontés, puisque nous fréquentons plus ces plateformes?

Les plateformes de réseaux sociaux en ligne n’ont jamais été l’endroit idéal pour engager des conversations civiles, selon Alexandre Coutant, professeur au département de communication sociale et publique de l’Université du Québec à Montréal. L’usage de commentaires courts, simples et réduits n’encourage pas les propos nuancés, réfléchis et accompagnés de sources. Selon lui, il est difficile de mener un débat civilisé sur les plateformes de réseaux sociaux.

« Quand on a un visage en face de nous, ça humanise et puis tout de suite on va avoir des tons différents, etc. Or, avec ces espaces-là, on ne se représente pas nécessairement qu’il y a un humain en face de nous et qu’il mérite un peu de dignité dans la manière dont on s’adresse à lui. »

—  Alexandre Coutant, professeur au département de communication sociale et publique de l’UQÀM

Puisque le confinement perdure, il est possible d’observer une frustration plus grande chez certains, et chez plus de gens également.

Il n’y a toutefois pas encore d'études ayant analysé les tendances de discours sur les réseaux sociaux, par exemple en étudiant si plus de termes agressifs ont été utilisés depuis le début de la pandémie, etc.

Stéphane Dandeneau, professeur agrégé au département de psychologie à l’Université du Québec à Montréal, affirme qu’il faut nuancer nos perceptions sur ce qui se passe sur les réseaux sociaux, et se demander si c’est vraiment représentatif.

« Il faut prendre un recul, parce que ce qu’on a tendance à faire, c’est un biais psychologique qu’on connaît très bien : c’est un biais de représentativité. Dans le sens que, lorsqu’il y a un épisode ou un événement qui est assez marquant, on va le généraliser à l’ensemble de la plateforme, ou à l’ensemble du groupe, ou à l’ensemble de ce qui se passe. »

—  Stéphane Dandeneau, professeur agrégé au département de psychologie à l’UQÀM

Avant le confinement, les plateformes occupaient une certaine place dans la vie sociale des gens, mais elles n’étaient pas aussi présentes qu'aujourd’hui. Avec tous les autres espaces de socialisation limités, voire interdits, les réseaux sociaux sont donc devenus l’un des seuls moyens de communication pour certains.

De plus, le fait que les gens ne vivent pas les conséquences directes de leurs commentaires peut développer un sentiment d’imputabilité pour leurs propos. Il y a effectivement peu de sanctions pour des commentaires agressifs ou haineux sur les réseaux sociaux. Les plateformes censurent peu les commentaires des utilisateurs.

Et puis, c’est facile, dans le sens que ça requiert très peu d’énergie, très peu de temps même. Et je pense que, si on s'asseyait et on demandait aux personnes, par exemple, de se lever et de le dire à quelqu’un ou de le dire à un miroir, de te le dire à toi-même... est-ce que tu le ferais?, questionne M. Dandeneau.

Plusieurs causes peuvent influencer les gens derrière leurs écrans : le faible coût en énergie, la colère, l’incompréhension, l’isolement, etc. Il est impossible de deviner ce que la personne vit à travers d’un commentaire, et surtout à travers un écran.

Les débats sur les réseaux sociaux peuvent parfois fâcher et être offensants, parce qu’il est difficile de comprendre les émotions derrière chaque commentaire. Ces derniers sont aussi assez réduits et courts, ce qui diminue la compréhension que l’on peut avoir en lisant un commentaire. Toutefois, les réseaux sociaux font partie de l’espace public quotidien de nombreuses personnes puisqu’il est accessible à tous, à distance. Il est donc l’affaire de tous de rendre les plateformes des réseaux sociaux respectueuses et agréables, tout comme c'est la responsabilité de tous de rendre les espaces publics non virtuels, respectueux et agréables.