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Chronique retour à l’école  :  la toponymie de la région

Région Zéro 8
Rattrapage du mercredi 18 mars 2020

Chronique retour à l’école  :  la toponymie de la région

Chronique retour à l’école : la toponymie de la région

Des écriteaux indiquant le nom des rues Authier et Armstrong sont apposés sur une pancarte d'arrêt, au coin d'une rue.
D'où proviennent les noms donnés aux rues, villages, villes, et même à la région?PHOTO : Radio-Canada
Région Zéro 8
Région zéro 8Publié le 18 mars 2020

Que signifient les noms de lieux? Le géographe et enseignant au Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue, Christian Dubé, nous parle de la toponymie, soit les noms des lieux et des emplacements, et il se penche plus spécifiquement sur l'étude des noms de lieux dans la région.

Dans la région, on peut catégoriser les toponymes en trois souches : algonquines, francophones et anglophones.

En chiffres :

Christian Dubé a fait l’exercice de prendre les noms des 74 municipalités, territoires non organisés et de réserves autochtones en Abitibi-Témiscamingue.

  • 88 % des noms ont une composante francophone;
  • 3 % sont anglophones;
  • 16 % des noms ont une composante autochtone.

Pour ceux qui savent compter, le total ne donne pas 100 %, puisque certains toponymes ont des composantes de souches algonquines et francophones, par exemple, Saint-Mathieu-d’Harricana.

La place des noms autochtones

Souvent, les noms autochtones décrivent le territoire et l’état dans lequel il a été trouvé, indique Christian Dubé. Ces noms sont fréquemment associés à des histoires, des évènements. Il cite en exemple Oscar Kistabish, qui a déjà dit à un géographe ce n’est pas nous qui nommons le territoire, c’est le territoire qui nous dit comment il s’appelle.

L'enseignant souligne que les Autochtones ont un rapport différent avec le territoire.

« Les colonisateurs Blancs, en nommant, faisaient une sorte d’acte d’autorité pour affirmer leur possession du territoire. »

— Une citation de  Christian Dubé, enseignant en géographie

Donner un nom en francophone ou anglophone, ça a un sens, ultimement parce que c’est la domestication du territoire par un groupe, explique-t-il.

Lorsque les Français et les Anglais ont colonisé le territoire, environ 80% des noms autochtones ont été effacés, estime M. Dubé.

Quelques définitions intéressantes :

  • Abitibi : « là où les eaux se séparent », fait référence à ligne de partage des eaux.
  • Témiscamingue : fait référence à la profondeur du lac Témiscamingue, qui est effectivement très profond.

Saint-Bruno-de-Guigues et Saint-Eugène-de-Guigues honorent la même personne, soit Monseigneur Joseph Eugène-Bruno Guigues, un oblat et le premier évêque d’Ottawa.

Par ailleurs, seulement 11 % évoquent des femmes, comme Saint-Hélène-de-Mancebourg.

  • 64 % évoquent des hommes
  • 4 % évoquent des compagnies (Noranda, Normétal et Belleterre)
  • 32 % autres

Pour en savoir plus, cliquez sur l’audiofil.