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Début du contenu

Le dernier chalet : Entrevue avec Yvon Rivard

Plus on est de fous, plus on lit, ICI Première.
Audio fil du jeudi 7 juin 2018

Le dernier chalet : Entrevue avec Yvon Rivard

Longue entrevue avec Yvon Rivard, l'homme qui est sorti du bois

 L'auteur Yvon Rivard sourit au micro.
L'auteur Yvon RivardPHOTO : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa
Plus on est de fous, plus on lit, ICI Première.
Plus on est de fous, plus on lit!Publié le 7 juin 2018

« Un romancier, c'est comme un chien : il se promène partout, il court, mais il ne voit rien. Le chat [analogie du poète], lui, ne bouge pas, mais il voit tout. » L'écrivain et professeur Yvon Rivard accorde une heure d'entrevue à Marie-Louise Arsenault et revient sur les grands pans de sa vie. L'auteur de L'ombre et le double parle de son enfance à traîner dans les bois, de son voyage initiatique en Inde, de sa passion pour les livres qu'il sacralise, et convainc d'être devenu ce sage félin.

Une enfance dans les bois
Yvon Rivard est né le 20 août 1945, quelques semaines après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, dans un petit village de la Mauricie. Il en garde des souvenirs heureux et passionnants : « J’ai grandi dans un endroit qui est devenu mythique pour moi : la forêt », dit-il. Son père le déposait le matin au bord d’un lac et revenait le chercher le soir venu. Un moment fondateur : « Je suis devenu écrivain, car j’ai passé des heures à attendre que ça morde. C’est une belle métaphore pour un écrivain. »

Critique de sa génération
Yvon Rivard critique avec véhémence les baby-boomers : « J’ai un rapport un peu difficile avec ma génération, je pense qu’elle a été gâtée, bénie des dieux. Les grands combats ont été faits avant nous. Ceux qui ont faits la Révolution tranquille, ce n’est pas nous. […] On n’a pas rencontré de résistance, nos aînés nous ont préparé le terrain. […] Nous n’avons pas redonné ce que nous avons reçu. »

Professeur comblé
Yvon Rivard amorce ses études supérieures en littérature à l'Université McGill et les poursuit à la Sorbonne, puis à l'université d'Aix-en-Provence, où il décroche, en 1971, un doctorat en littérature française, car c’était « la mode d’aller en France à cette époque ». Il obtient un poste de professeur à l'Université du Vermont qu'il quitte après deux ans pour se consacrer à l’enseignement de la création littéraire à l'Université McGill.

« On pense que le professeur est celui qui transmet quelque chose, mais il est aussi celui qui reçoit quelque chose. Ça t’oblige continuellement à relire et à rester vivant. […] La présence des élèves te pousse constamment à recommencer le monde. »

— Une citation de  Yvon Rivard

Un voyage crucial
De son propre aveu, ses deux premiers romans, Mort et naissance de Christophe Ulric et L'ombre et le double, ont été écrits à l’aide de son imagination. Cette utilisation excessive du non-réel lui faisait perdre contact avec le réel. Il a eu l’idée d’aller en Inde pour vivre une expérience qui allait changer sa façon d’écrire. « En Inde, je vivais une autre forme d’expérience temporelle. J’étais hors du temps, j’étais dans un genre d’éternité. On n’a pas besoin d’inventer, car le réel dépasse tout ce que l’on peut imaginer », croit-il.

« Les livres sont sacrés pour moi. Quand je veux me distraire, je ne lis pas. Si je lis, c’est que j’en ai besoin pour vivre, pour penser, pour me supporter moi-même, pour me trouver des alliés chez des personnages. »

— Une citation de  Yvon Rivard

La suite de l'entrevue : Cinq livres incontournables, selon Yvon Rivard