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Pourquoi j'écris? Les réponses de l'écrivain Naïm Kattan

Plus on est de fous, plus on lit, ICI Première.
Audio fil du mardi 24 mai 2016

Pourquoi j'écris? Les réponses de l'écrivain Naïm Kattan

Naïm Kattan : pourquoi j'écris

Naïm Kattan | © Radio-Canada / Philippe Couture
Naïm Kattan | © Radio-Canada / Philippe Couture
Plus on est de fous, plus on lit, ICI Première.
Plus on est de fous, plus on lit!Publié le 24 mai 2016

Dans Carrefours d'une vie (Nouvelle fenêtre), l'auteur de 87 ans raconte ses années en France, au Québec et en Iraq. En entrevue, il raconte son urgence d'écrire et explique que la littérature est pour lui un moyen d'échanger avec les autres.

Les réponses de Naïm Kattan à notre questionnaire « Pourquoi j'écris? »

À quel âge avez-vous écrit votre premier texte?

À 12 ans. Ensuite, j’ai attendu 20 ans avant de revenir à la littérature.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire?

Je désirais qu’on m’écoute.

Qui vous a donné votre première chance, vous a donné confiance?

Mon premier professeur de français à l’école.

Le meilleur conseil qu’on vous a donné?

Il m’a dit : « Il faut chercher la beauté dans le texte ». Lorsque je lis un texte de moi et qu’il n’est pas beau, je le rejette. La beauté, pour moi, c’est l’équivalence qu'on peut y trouver dans le réel. Le texte doit être fort et beau littérairement.

Quel autre métier avez-vous exercé?

J’étais journaliste, directeur du Conseil des arts du Canada, professeur à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Quel sentiment avez-vous éprouvé lorsque vous avez vu votre première œuvre publiée?

J’étais bouleversé. J’avais 14 ans. Je regardais mon nom imprimé et je n’y croyais pas. J’ai placé le texte sous mon oreiller avant de dormir et je me suis réveillé pour voir qu’il y était déjà.

Quelle est votre motivation quotidienne?

Je commence la journée par me mettre à écrire. Parfois, je commence par aller nager, mais dès que je sors de la piscine, je prends mon petit déjeuner et j’écris. Puis, pendant toute la journée, je pense à ce que je vais écrire le lendemain. Je me demande toujours : « Quelle histoire vais-je raconter? »

Dans tout ce que vous avez écrit, de quoi êtes-vous le plus fier?

Je suis fier des livres que les lecteurs accueillent, aucun en particulier. Je suis fier que ce soit écrit et publié.

La phrase, le dialogue ou le texte dont on vous a le plus parlé?

On m’a le plus parlé de mon premier roman, Adieu Babylone, dans lequel je raconte mon enfance, parce que Bagdad est devenue une ville d’assassinat et de sang. Les gens voulaient savoir comment on pouvait vivre dans cette ville tout en restant humain. J’y décris les rapports entre toutes les ethnies et les religions. Il y avait des tensions, mais les gens ne s’assassinaient pas. Ils tentaient de vivre ensemble. On réalise que c’était une harmonie fragile.

Êtes-vous sensible aux commentaires (critiques, regard des autres)?

Oui, je suis sensible aux réactions des lecteurs, des critiques et des commentateurs, surtout aux commentaires des gens qui sont sensibles à ce que je fais.

Pourquoi ou pour qui écrivez-vous?

J’écris pour l’autre, celui qui est autour de moi, celui que je ne connais pas personnellement, mais que je cherche à joindre.

Comment imaginez-vous vos lecteurs?

J’imagine mes lecteurs comme des personnes qui cherchent à rejoindre un inconnu.

Un lieu ou une ville qui vous inspire?

Montréal est ma ville essentielle. C’est une ville où la diversité survit malgré tout. Si l'on continue comme ça, c’est un exemple pour le reste du monde. Il y a des tensions, mais pas de violence ni de rejet. C’est la ville où je suis le plus à l’aise. J’aime aussi Bagdad et Paris.

Avez-vous expérimenté la création sous influence?

Non, pas vraiment. J’ai essayé de fumer et j’ai trouvé ça très mauvais. On ne devient pas un homme en fumant, mais en lisant des livres.

Quel serait l’honneur qui vous comblerait le plus?

L’émotion d’un lecteur ou d’une lectrice. J’ai déjà reçu plusieurs honneurs.

Comment souhaiteriez-vous que l’on se souvienne de vous?

D’un écrivain proche de ses lecteurs.