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La charge mentale : Entrevue avec la dessinatrice Emma

Plus on est de fous, plus on lit, ICI Première.
Audio fil du mercredi 17 janvier 2018

La charge mentale : Entrevue avec la dessinatrice Emma

La charge mentale ou le fardeau des femmes, vu par la bédéiste Emma

La bédéiste Emma
La bédéiste EmmaPHOTO : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa
Plus on est de fous, plus on lit, ICI Première.
Plus on est de fous, plus on lit!Publié le 17 janvier 2018

« On apprend toute petite à détester notre genre. » C'est à travers son art que la bédéiste Emma dénonce le harcèlement de rue et les dérives machistes. Elle défend les mouvements #MoiAussi et #BalanceTonPorc et parle du concept, souvent incompris, de la charge mentale. Comptant 265 000 abonnés sur Facebook, elle exerce une grande influence sur l'opinion populaire et entend sensibiliser les gens à une cause féministe. On discute avec elle de ces questions, toutes abordées dans sa nouvelle BD, Un autre regard 2.

Le dessin comme arme
« Le dessin permet de faire passer des émotions et de s’y identifier plus facilement », explique la bédéiste Emma qui vient de laisser son métier d’ingénieure informaticienne pour se consacrer entièrement au dessin. Depuis qu’elle a publié la BD sur la charge mentale le 9 mai dernier, elle a vu sa page exploser en termes de popularité. Comptant 76 000 j’aime et 215 000 partages, la BD a touché les gens. « Les femmes me disent merci. Elles avaient l’impression d’être hystériques, qu’elles étaient le problème », dit-elle.

La charge mentale
Théorisée par Monique Haicault en 1984 dans son article La gestion ordinaire de la vie en deux, la charge mentale est l’idée qu’une femme en couple qui est aussi salariée reste préoccupée par les tâches ménagères et la gestion du foyer, « une injustice », selon Emma.

« Mon métier de mère est entré en collision avec mon métier d’ingénieure. Je me suis rendu compte que je n’arrivais pas à cumuler les deux alors que mon copain continuait d’y arriver très bien. »

—  Emma

La faute à qui?
« On prend la responsabilité [des tâches ménagères], car c’est ce qu’on nous a toujours appris », déplore-t-elle. Elle croit que les femmes ressentent ce fardeau et qu’elles le portent depuis toujours. Optimiste, elle propose quelques solutions pour alléger la charge mentale :

  • Arrêter de mettre l'accent sur le genre, de diviser très tôt les enfants dans des catégories un peu arbitraires.
  • Faire participer les petits garçons aux tâches.
  • Permettre aux jeunes hommes d’exprimer davantage leurs émotions.
  • Obtenir de l'État plus de choix en ce qui a trait à la garde des enfants et donner aux pères un plus long congé de paternité.

Sur le droit d’importuner
Réagissant fortement aux propos contenus dans la lettre ouverte Le droit d'importuner parue dans Le Monde, signée notamment par Catherine Deneuve, la bédéiste a offert une réponse à sa manière, on le devine, avec son art :

« Ça m’a mise en colère. Elles sont concernées par ces problèmes, mais beaucoup moins que des femmes qui prennent le transport [en commun] tous les jours ou des femmes qui ont peur d’être licenciées si elles portent plainte à leur employeur. [...] Leur avis n’est pas important; ce ne sont que 100 femmes qui ne sont pas du tout représentatives [...] des femmes en général », affirme-t-elle.

RÉFÉRENCES :
Un autre regard 2 (Nouvelle fenêtre), Emma, Massot Éditions, 17 janvier 2018
Son blogue (Nouvelle fenêtre) et sa page Facebook (Nouvelle fenêtre)