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Début du contenu

La liste de l'invitée : Les réponses de Charlotte Aubin

Plus on est de fous, plus on lit, ICI Première.

Les préférences culturelles de Charlotte Aubin

La comédienne Charlotte Aubin sourit en écoutant l'animatrice.
Charlotte AubinPHOTO : Radio-Canada / Christian Côté
Plus on est de fous, plus on lit, ICI Première.
Plus on est de fous, plus on lit!Publié le 21 janvier 2022

Pour une deuxième fois, l'actrice et poète Charlotte Aubin répond aux questions de l'émission sur ses préférences culturelles. Par les temps qui courent, elle écrit encore de la poésie, puisqu'elle ne joue pas sur scène à la suite de la fermeture temporaire des théâtres. Elle précise que ses nouvelles créations « plus denses » seront publiées par son éditeur.

Quel mot vous décrit?
Autant je peux dégager quelque chose de lumineux, d’intense, de fougueux, autant j’ai une grande part d’ombre en moi. Alors je dirais que je suis dichotomique.

Quelle est votre devise?
« Faut ben se garrocher dans l’univers, si on veut qu’il nous attrape. »

Où aimeriez-vous être en ce moment?
N’importe où dans le monde avant mars 2020. Je dirais en Italie, dans un petit village sur la côte amalfitaine, un petit village charmant comme tout. Il ferait doux, un vent frais d’été et un soleil chaud.

À quel personnage vous identifiez-vous?
Le personnage de Frances Ha, dans le film homonyme, de Noah Baumbach. Ce personnage m’a beaucoup inspirée et m’inspire encore beaucoup.

Quel est votre plus ancien souvenir de lecture (le premier livre que vous vous rappelez avoir lu)?
Un souvenir plus adolescent m’est revenu. C’est un roman pour ado qui s’appelle Cassiopée, écrit par Michèle Marineau.

Quelle est votre madeleine de Proust?
L’odeur du gazon fraîchement coupé. J’ai grandi en compagne et cette odeur est pour moi l’arrivée des vacances d'été, donc du temps libre.

Quelle chanson vous représente?
La musique est très importante pour moi. Elle m’accompagne partout, un peu comme la trame sonore de ma vie. The Sweetest Taboo, de Sade.

Quel est votre mot préféré?
Douceur. J’utilise beaucoup ce mot pour nommer les gens, les choses, pour me rappeler de ne pas être trop dure avec moi.

Et celui que vous aimeriez bannir?
Conne. C’est assez, ce mot-là. C’est dégradant et désuet.

Quelle lecture a fait votre éducation sentimentale ou amoureuse?
Un des livres les plus grisants est sans doute La renarde et le mal peigné, qui retrace les correspondances amoureuses de Pauline Julien et Gérald Godin.

Quelle lecture obligatoire a été une torture?
La méthode simple pour arrêter de fumer, d'Allen Carr. Un livre pour aider à arrêter de fumer, vous l’aurez bien compris. C’est le livre le plus ennuyant que j’ai lu de ma vie. Je ne l’ai jamais fini. Quel supplice!

Quel livre a changé votre vie?
Quand j’ai été invitée à l’émission en 2019, vous m’aviez posé cette question et je pense que je répondrais la même chose qu’en 2019, c’est-à-dire L’insoutenable légèreté de l’être, de Milan Kundera. Sinon, c’est le dernier de Mona Chollet, une essayiste féministe que j’aime beaucoup, Réinventer l’amour : comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles.

Quelle est votre lecture réconfort?
Les bandes dessinées de Samuel Cantin ou de Fabcaro. J’aime cet humour grinçant, absurde et surprenant.

Avez-vous l’angoisse de l’inattendu? Avez-vous l’angoisse de l’ennui?
Je pense que j’ai autant d’angoisse que d’envie. Alors j’ai envie d’inattendu, j’ai envie d’ennui. J’idéalise même ces deux états-là, mais quand je m’y retrouve, oui, j’ai le vertige. J’angoisse. Mais ce sont tous deux des sentiments très grisants pour moi, très créatifs aussi.

Quel rêve ou cauchemar récurrent faites-vous?
À chaque fois, dans mes cauchemars, je suis nue, ivre, extrêmement fatiguée, et je dois gérer une crise qui dépasse mes capacités.

Racontez la nuit la plus folle de votre vie.
J’étais à Cuba il y a quelques années avec deux copines, Florence et Éli. On voulait tourner un court métrage expérimental et faire la fête. Le premier soir de tournage a été une soirée folle où on est allées dans au moins trois clubs, où on a sillonné la ville à bord d’une décapotable conduite par un Cubain semi-aveugle. Et on s’est même retrouvées dans un bordel!

Quel livre avez-vous honte de n’avoir jamais lu?
Je n’ai jamais lu Le deuxième sexe, de Simone de Beauvoir. Me considérant comme féministe, je trouve ça un peu honteux.

Quel livre, film, pièce de théâtre ou spectacle vous a le plus fait rire/pleurer?
Une femme sous influence (A Woman Under the Influence), de John Cassavetes, m’a fait pleurer à chaudes larmes en raison de son intelligence, de sa puissance, de son humanité. Sinon, 37°2 le matin, de Jean-Jacques Beineix, ce réalisateur qui nous a quittés ce mois-ci.

Quel livre offrez-vous en cadeau?
Les livres de Fanny Britt, Les maisons et Faire les sucres. Je crois que je les ai offerts ou prêtés à minimum une dizaine de personnes.

Quelle expression vous exaspère?
Certaines expressions de psychopop, développement personnel qui dédouane l’individu de sa propre prise en charge.

Quel texte pouvez-vous réciter par cœur?
Beaucoup de chansons louches ou de rap français, et beaucoup de fragments de poèmes qui me reviennent, dont « Il fait beau à Montréal et il fait beau à Sudbury et entre les deux ça fait toujours mal quelque part », de Patrice Desbiens.

Quelle est la plus grande leçon que la vie vous a apprise?
Que le bonheur n’est pas une destination, que l’atteinte du bonheur ou du bien-être est un état qui se redéfinit constamment, et non pas une longue ascension.