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Le monde vu par Rachida Azdouz

Elle sourit au micro.
L'essayiste, psychologue et spécialiste des relations interculturelles Rachida AzdouzPHOTO : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa
Plus on est de fous, plus on lit, ICI Première.
Plus on est de fous, plus on lit!Publié le 27 février 2020

« J'aimerais concevoir une école publique émancipatrice, qui forgerait des esprits libres, immunisés contre les deux pires fléaux : hurler avec les loups et bêler avec les moutons », c'est la réponse que nous donne Rachida Azdouz à la question : « Si vous étiez une dirigeante, à quel dossier vous attaqueriez-vous en priorité? » L'essayiste, psychologue et spécialiste des relations interculturelles répond à notre questionnaire, « Le monde vu par ».

Comment va le monde aujourd’hui selon vous?
Le monde est dans un état critique, mais on ne craint pas pour sa vie.

Quelle nouvelle a retenu le plus votre attention aujourd’hui/ces jours-ci?
Une mutinerie dans une prison d'Irlande a pris fin la semaine dernière lorsque les mutins ont échangé leur otage contre une barre chocolatée Mars.
Deux détenus de la prison Midlands menaçaient de couper les oreilles de l'otage avec un couteau de fortune s’ils n’obtenaient pas « du tabac, des roulés suisses et des barres Mars », a indiqué au journal Irish Independent un porte-parole de l’Association des gardiens de prison. Cette nouvelle résume à elle seule l’état du monde : il y en a qui se battent pour des principes, d’autres pour leur steak ou pour avoir une barre de chocolat.

Comment vous informez-vous?
Je fais le tour des médias sur ma tablette. Au réveil et avant de me coucher. J’essaie d’échapper aux algorithmes et de diversifier mes sources.
Je lis aussi les commentaires des lecteurs et auditeurs, ça donne le pouls de l’état du monde… et l’état d’esprit des gens!

Qu’est-ce qui manque dans les médias d’information?
Trop de capsules brèves qui couvrent la nouvelle en surface, trop de chroniques et de billets d’humeur et pas assez d’analyse, pas assez de générosité dans la couverture des nouvelles internationales. Le monde ne se résume pas à nous.

De quoi ne parle-t-on pas assez?
De pays qui s’accrochent, qui reviennent de loin, mais qui sont en pleine effervescence. L’Éthiopie par exemple, et le Rwanda; tout n’est pas rose, mais leur résilience est digne de mention.

De quoi parle-t-on trop?
De Trump… Tout a été dit. On tourne en rond, comme si le fait de lui taper dessus, d’énumérer ses défauts et d’étaler ses frasques suffisait à réduire son pouvoir de nuisance.

Quel pays/région du monde vous inquiète?
Le Moyen-Orient. Des pays y ont été décimés : la Libye, la Syrie, l’Irak… le Liban est une poudrière, sans compter le Yémen, plongé dans une guerre depuis plus de cinq ans. 

Quel pays/région du monde vous inspire ou vous attire?
L’Inde avec tous ses paradoxes, la tension entre modernité et tradition, les avancées scientifiques, un cinéma qui a conquis le monde alors qu’il était, il y a encore 25 ans, inconnu en Occident.

De qui, parmi les leaders, devrait-on parler plus souvent?
Churchill, parce qu’il ne cherchait pas à se faire passer pour ce qu’il n’était pas. Ubu roi, pour se rappeler que le pouvoir peut transformer n’importe quel crétin inoffensif en tyran sanguinaire.

De quoi le monde a-t-il besoin en ce moment?
D’indulgence

Êtes-vous optimiste ou pessimiste quant à l’avenir?
Plutôt optimiste…pas par choix, par nécessité

Qu’est-ce qui vous donne de l’espoir?
Paradoxalement, c’est le désespoir qui me donne de l’espoir. Le désespoir peut conduire des individus au suicide. Mais collectivement, l’instinct de vie reprend toujours le dessus. Ne serait-ce que par sens des responsabilités envers nos enfants et nos petits-enfants. Quand on touche le fond, on se reprend en main et on remonte. On le fait pour l’environnement, alors on est capables de le faire pour le reste.