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Analyse de discours avec Danic Parenteau et Joseph-Yvon Thériault

Plus on est de fous, plus on lit, ICI Première.
Audio fil du mardi 27 novembre 2018

Analyse de discours avec Danic Parenteau et Joseph-Yvon Thériault

« Riel, notre frère est mort » : le discours marquant d'Honoré Mercier

La pendaison de Louis Riel par J. Lecomte
La pendaison de Louis Riel par J. LecomtePHOTO : Bibliothèque et Archives Canada/National Archives of Canada Print collection
Plus on est de fous, plus on lit, ICI Première.
Plus on est de fous, plus on lit!Publié le 27 novembre 2018

« C'est un discours qui montre le poids des mots, qui annonce la dualité nationale canadienne », dit le professeur de sociologie Joseph-Yvon Thériault. En compagnie du politologue et professeur agrégé au Collège militaire royal de Saint-Jean Danic Parenteau, il analyse le discours prononcé par Honoré Mercier au Champ-de-Mars le 22 novembre 1885 à l'occasion de la pendaison de Louis Riel.

Extrait du discours d'Honoré Mercier prononcé devant plus de 50 000 personnes :

« Riel, notre frère, est mort, victime de son dévouement à la cause des Métis dont il était le chef, victime du fanatisme et de la trahison; du fanatisme de Sir John et de quelques-uns de ses amis; de la trahison de trois des nôtres qui, pour garder leur portefeuille, ont vendu leur frère.

En tuant Riel, Sir John n'a pas seulement frappé notre race au cœur, mais il a surtout frappé la cause de la justice et de l'humanité qui, représentée dans toutes les langues et sanctifiée par toutes le croyances religieuses, demandait grâce pour le prisonnier de Regina, notre pauvre frère du Nord-Ouest…

Nous sommes ici cinquante milles citoyens, réunis sous l'égide protectrice de la Constitution, au nom de l'humanité qui crie vengeance, au nom de deux millions de Français en pleurs, pour lancer au ministre fédéral en fuite une dernière malédiction qui, se répercutant d'écho en écho sur les rives de notre grand fleuve, ira l'atteindre au moment où il perdra de vue la terre du Canada, qu'il a souillée par un meurtre judiciaire.

Quant à ceux qui restent, quant aux trois qui représentaient la province de Québec dans le gouvernement fédéral, et qui n'y représentent plus que la trahison, courbons la tête devant leur défaillance, et pleurons leur triste sort; car la tache de sang qu'ils portent au front est ineffaçable, comme le souvenir de leur lâcheté. Ils auront le sort de leur frère Caïn.

[...]

Chapleau a refusé la main d'un frère pour garder celle de Sir John; il a préféré les hurlements de quelques fanatiques aux bénédictions de toute la nation canadienne-française; il a préféré la mort à la vie; la mort pour lui, la mort pour Riel; sa carrière est brisée comme celle de Riel, seulement celui-ci est tombé en homme, celui-là en traître! »