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Début du contenu

Comment devenir un grand écrivain malgré les autres : le micro ouvert de Blaise Ndala

Vêtu d'un veston bleu à motifs blancs, l'auteur écoute l'animatrice.
L'auteur Blaise Ndala présente un texte intitulé L'odeur du poète.PHOTO : Radio-Canada / Christian Côté
Publié le 11 mai 2018

On ne naît pas écrivain, on le devient. Dans son Congo natal, qui était alors le Zaïre et qui avait Mobutu Sese Seko comme despote omnipotent, Blaise Ndala écrivait des rimes bancales dans son cahier de calcul. Son instituteur de cinquième année, Monsieur K., l'a piqué en l'accusant de se prendre pour Senghor lui-même. Plusieurs années plus tard, Ndala publie son premier roman, J'irai danser sur la tombe de Senghor. Une boucle se boucle.

Extrait

Voilà que tombe la punition pour celui qui se prendrait pour Lépold Sedar Senghor, selon l’instituteur, parce que son grand-père s’appelle Mamadou Dia, noms à consonance sénégalaise, le Sénégal étant le pays que dirige Senghor le poète : remplir 200 pages d’un cahier de calligraphie de la phrase suivante : « Je n’écrirai plus mes niaiseries pendant les leçons de calcul ».

Peu importe que les fulgurances poétiques de Senghor n’aient rien à voir avec la prose bancale que je donne à lire à ma mère, enseignante de son état. Dans le combat du chat contre la souris qui oppose l’aîné de ses quatre enfants à son collègue, la femme de cœur a choisi son camp : « Surtout, tu continues, fiston. Pas pendant tes leçons de calcul pour ne pas énerver Monsieur K., mais tu continues à écrire, d’accord? Qui sait… »

« J'irai danser sur la tombe de Senghor », Blaise Ndala, L'Interligne, 2014

L'Interligne

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