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Plus on est de fous, plus on lit, ICI Première.

À l'enfant que je n'ai pas encore, un texte d’Adis Simidzija

Publié le 26 février 2021
Adis Simidzija au micro de Stéphan Bureau.
Adis SimidzijaPHOTO : Radio-Canada / Olivier Lalande

Né à Mostar, en Bosnie-Herzégovine, Adis Simidzija est arrivé en tant que réfugié au Québec en 1998, à 9 ans. Le fondateur de l'organisme à but non lucratif Des livres et des réfugié-e-s est en train d'écrire un livre, dont il lit un extrait. « Quand on a une histoire comme la mienne, qui est marquée par différents drames, [...] on se questionne si on a le droit d'être père, comment faire en sorte qu'un enfant ne soit pas victime de cet héritage », raconte-t-il.

Un extrait de son « micro ouvert » :

Cher enfant, à ce stade de ma vie, le mieux que je puisse t’offrir, c’est une existence dans la beauté des mots. Je n’ose pas t’évoquer devant mes amis, ils ne comprendraient pas. Ils ne me prendraient pas au sérieux. Tu es donc mon petit secret qu’un jour je voudrai partager avec quelqu’un. En attendant, je parle de toi à ma psy. Elle est convaincue que je serai un bon père pour toi; moi, un peu moins. Ne t’inquiète pas, je la paye pour me convaincre d’y croire aussi. Parfois je ferme les yeux et nous imagine au parc. C’est d’une banalité à faire rêver. Je me vois passer l’Halloween avec toi, par exemple. Je te vois déballer tes cadeaux de Noël. Rien a priori pour stimuler l’écrivain en moi, mais tout pour tendre l’oreille à la berceuse de la paternité. Mes pensées se dérobent sous les pieds de la nuit qui prend la fuite. Le soleil se lève et j’ai encore le sentiment d’avoir tout dit pour ne rien dire.

[…]