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Le livre à lire en ce moment selon Thomas Hellman : Les fleurs du mal

Plus on est de fous, plus on lit, ICI Première.
Audio fil du mercredi 13 mars 2019

Le livre à lire en ce moment selon Thomas Hellman : Les fleurs du mal

Les fleurs du mal, de Charles Baudelaire : le malaise perpétuel de vivre

Photographie de Charles Baudelaire en noir et blanc.
Portrait de Charles Baudelaire par Étienne Carjat, vers 1862.PHOTO : Getty Images
Plus on est de fous, plus on lit, ICI Première.
Publié le 13 mars 2019

« Ce qui est révolutionnaire dans cette œuvre, c'est de dire que la beauté est partout. Elle est dans la violence, elle est dans cette tension entre le beau et le mal. » Thomas Hellman revisite ses classiques et propose une relecture des Fleurs du mal, l'œuvre phare du poète français Charles Baudelaire. Publiée en 1857, elle traduit le mal de vivre de toute une époque, un malaise qui ne s'est pas atténué avec le temps, comme l'explique notre chroniqueur.

Deux poèmes qu'affectionne Thomas Hellman :

Spleen :

« J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.
Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
C'est une pyramide, un immense caveau,
Qui contient plus de morts que la fosse commune. (…)
Le spleen c’est l’expérience de celui ou celle qui prend conscience du poids de son humanité, de la violence intérieure, la douleur, la violence, la tristesse. Le spleen est lié à une certaine conscience, une lucidité qui mène au mal de vivre. »

À une passante :

« La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son œil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.)

Un éclair... puis la nuit! — Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité?

Ailleurs, bien loin d'ici! trop tard! jamais peut-être!
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais! »