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Le pape François présente ses excuses aux Autochtones canadiens

Place publique, ICI Première
Rattrapage du vendredi 1 avril 2022

Le pape François présente ses excuses aux Autochtones canadiens

Les excuses du pape bien perçues par l'ex-pensionnaire Armand MacKenzie

L'avocat innu Armand MacKenzie
L'ancien avocat criminaliste innu Armand MacKenzie a raconté l'histoire de sa tante qui n'est jamais revenue du pensionnat de Pointe-Bleue.PHOTO : Radio-Canada / Mathieu Arsenault
Place publique, ICI Première
Place publiquePublié le 2 avril 2022

Les excuses prononcées par le pape François aux Autochtones canadiens sont très bien perçues par l'ancien avocat criminaliste innu Armand Mackenzie. En tant qu'ancien diplomate et fidèle croyant, il était confiant qu'elles allaient venir éventuellement, même si le processus a été très long.

Un texte de Pascal Girard

Le pape s’est excusé pour le rôle qu’a joué l’Église catholique au Canada dans les pensionnats où plus de 150 000 enfants autochtones ont été envoyés entre 1870 et 1990. L'opération avait pour but non camouflé par le gouvernement canadien de favoriser leur assimilation. Plusieurs y ont trouvé la mort.

Les pensionnats étaient gérés par des ordres religieux.

Je pense que c’était des mots bien placés, bien dits, bien ressentis aussi. Voilà, le pape qui s’excuse au nom de l’Église pour le traitement infligé aux enfants autochtones dans cette triste, sombre histoire de notre pays qu’est l’histoire des pensionnats. Je prends ça très, très bien, comme ex-pensionnaire, a-t-il raconté au micro de Place publique vendredi.

En 1991, la Conférence oblate du Canada avait déjà présenté ses excuses aux Premières Nations pour le rôle joué par les Oblats de Marie-Immaculée dans le système des pensionnats autochtones. Auparavant, le pape Jean-Paul II s'était adressé aux Autochtones lors d'un discours prononcé à Sainte-Anne-de-Beaupré, lors de sa visite au Canada en 1984.

Il avait exprimé un début de message de réconciliation, de remords par rapport à ce qui s'était fait, a rappelé l'ancien criminaliste. Depuis ce temps, Armand MacKenzie savait qu'un jour les excuses du pape viendraient, mais il savait aussi que la diplomatie du Vatican avance lentement, par petits pas. C'est ce qu'il répétait à ceux qui lui demandaient son opinion.

En juin dernier, Armand MacKenzie avait raconté à la même antenne l’histoire d’une tante qui n’était jamais revenue après avoir été envoyée en bas âge au pensionnat de Pointe-Bleue, aujourd’hui Mashteuiatsh.

Tant qu’à moi, par rapport à ma tante, je pense que chacun personnellement vit ces expériences-là, ce traumatisme. Moi personnellement, j’ai fait la paix avec beaucoup de choses il y a plusieurs années de cela, a-t-il poursuivi.

Les actions des religieux dans les pensionnats n’ont pas fait chambranler les croyances d’Armand MacKenzie, qui est demeuré fidèle à cette religion avec laquelle le peuple innu est entré en contact il y a maintenant 400 ans. Ça n’a pas ébranlé ma foi, ma foi dans l’Église. Ce sont des fautes d’hommes, d’institutions, a-t-il dit en rappelant que le tout avait été orchestré par l’État canadien.

Il croit maintenant qu’il faut continuer de regarder vers l’avenir pour les Innus, autant en se tournant vers l’intérieur des communautés avec les problèmes sociaux qui les affligent que vers un meilleur partage des pouvoirs avec les gouvernements.