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Pénélope, ICI Première.
Pénélope, ICI Première.
Rattrapage du 21 avr. 2020 : Hébergement des aînés et animaux de compagnie

Plan large sur l'hébergement pour les aînés avec André-Pierre Contandriopoulos

Crise dans les CHSLD : comment en est-on arrivé là?

Publié le 21 avril 2020
Une femme âgée assise à côté de son déambulateur.
Une aînée et son déambulateurPHOTO : Getty Images

Des centres d'accueil des années 60 et 70 à l'explosion du marché des résidences privées en passant par la création des centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), le modèle d'hébergement pour personnes âgées au Québec s'est complexifié. Le professeur André-Pierre Contandriopoulos décrypte ce système à plusieurs vitesses afin de comprendre comment la crise de la COVID-19 a pu l'ébranler à ce point.

Invité :

– André-Pierre Contandriopoulos, professeur émérite à l'École de santé publique de l'Université de Montréal

André-Pierre Contandriopoulos retrace le parcours du combattant qui attend les personnes en perte d’autonomie qui veulent être admises dans un des différents types de centres d'hébergement : résidences privées pour aînés (RPA), ressources intermédiaires (RI), centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) publics et privés conventionnés, et centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD) privés non conventionnés.

Réformes ratées

Le professeur reconnaît que la situation catastrophique actuelle résulte d'un enchaînement de réformes ratées mises en place depuis la réforme Couillard en 2003.

« Contrairement à tout ce qu'on aurait pu espérer, on a vu que l'argent n'est pas allé vers les CLSC [centres locaux de services communautaires] et les CHSLD, mais est resté à l'hôpital », regrette André-Pierre Contandriopoulos.

Il souligne que cette tendance au développement de l'hôpital et de la médecine spécialisée, au détriment des CHSLD et des autres services, a ensuite été largement amplifiée par la réforme Barrette de 2015.

« Le système de santé est le miroir de la société tout entière. Une société n'est jamais meilleure ou pire que son système de santé. Si avec la crise de la COVID-19, on voit que le système de santé dysfonctionne de façon inacceptable pour les enfants, pour les personnes âgées, pour la violence familiale, il va falloir absolument une réforme en profondeur, presque une révolution, dans les priorités de structuration du système de santé. »

—  André-Pierre Contandriopoulos, professeur émérite à l'École de santé publique de l'Université de Montréal

Rêver l'avenir

Pour l'avenir, André-Pierre Contandriopoulos n'hésite pas à rêver que tout le monde puisse « être accueilli sans délai, écouté, observé, rassuré, diagnostiqué, [...] par des personnels de santé tous attentifs à notre histoire et à notre singularité ».

« Pour que ce rêve se réalise, je parle de révolution, et la révolution, c'est que les groupes qui dominent actuellement, surtout les médecins spécialistes et les structures universitaires, ne restent pas les groupes dirigeants du système, mais soient au service des besoins de ce qui se passe localement dans chaque coin du Québec. »

—  André-Pierre Contandriopoulos, professeur émérite à l'École de santé publique de l'Université de Montréal