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Lettre d'amour aux femmes qui nous nourrissent, écrite par Marc Séguin

On n'est pas sorti de l'auberge, ICI Première.
Audio fil du 23 décembre 2017

Lettre d'amour aux femmes qui nous nourrissent, écrite par Marc Séguin

Lettre d'amour de Marc Séguin aux femmes qui nous nourrissent

Marc Séguin surprend avec sa nouvelle exposition.
Marc Séguin surprend avec sa nouvelle exposition.PHOTO : Radio-Canada / Denis Wong
On n'est pas sorti de l'auberge, ICI Première.
On n'est pas sorti de l'aubergePublié le 23 décembre 2017

L'écrivain et peintre Marc Séguin a écrit une lettre pour remercier les femmes qui nous nourrissent. Francis Reddy la lit.

Ma grand-mère était fermière. « Femme de fermier », on disait il y a quelques décennies. Elle a fait naître et tenu une famille en vie dans une ferme vivrière. C'était ainsi.

Je crois la terre. Petit-fils d’agriculteur, je sais que cette généalogie fait partie de mon identité. La nature nous sert bien depuis quelques millénaires. Même si le contraire n’est pas toujours vrai, ce sont ceux et celles qui l’honorent et la chérissent qui nous permettent d’avancer.

Si vous êtes ici, c’est parce que vous changez les choses.

J’ai deux garçons et deux filles. Ici, chez nous à la ferme, il n’y a pas de genres. Les filles font comme les gars. Sur les tracteurs et les machines à gaz, nourrir les animaux. À genoux dans le potager. Lors des corvées de bois. À l’abattage des cochons, les filles ne font pas seulement brasser le sang, elles y sont du début à la fin. Cela fait plusieurs années que celle de 13 ans me dit que c’est elle qui va reprendre et conduire les sucres quand je n’y serai plus. Vous savez quoi? Elle le fera bien avant cela. Je rêve de la voir aux commandes.

Belles agricultrices. Je sais les efforts que vous faites. Trop souvent encore ce sont des sacrifices. Que vous faites avec le sourire. Une main dans la terre et l’autre à tenir et bercer des enfants, une famille, une maison, un conjoint. Je sais vos longues heures. Le don de soi. Parfois l’oubli. Souvent l’oubli de vous, pour les autres.

Vous avez des idées. Et la force d’un corps qui sait avancer. Une force qui vous nomme.

Si vous êtes ici, c’est aussi à cause de vos valeurs et de vos convictions. Profitez de ces minutes de lumière. Je sais les milliers d’autres heures dans l’année – aux champs, à l’étable, dans les granges – où vous travaillez loin des projecteurs.

J’ai vu dernièrement, à parcourir les campagnes pendant un an et demi, que vous étiez partout. Une nouvelle génération de femmes qui croient à la terre, qui foncent dans leur monde à elles.

Surtout, je tiens à vous dire merci. Merci de nous nourrir. Merci de montrer que c’est possible. Merci d’être des modèles pour que de jeunes filles puissent rêver, et que ce soit possible par choix, d’être une femme et une fermière.