•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Votre destination audio, maintenant aussi sur le web !

Début du contenu

Pour une mise à jour du lexique médiatique autochtone : Discussion

On dira ce qu'on voudra, ICI Première.
Audio fil du mercredi 13 mars 2019

Pour une mise à jour du lexique médiatique autochtone : Discussion

La place des Autochtones dans les médias : un petit guide

Portrait des trois femmes avec un motif de perlage et de plumes en arrière-plan.
Formidable trio formé d'Isabelle Picard, Melissa Mollen Dupuis et Natasha Kanapé Fontaine. PHOTO : Radio-Canada / Stéphanie Dufresne
On dira ce qu'on voudra, ICI Première.
On dira ce qu'on voudraPublié le 14 mars 2019

Les Autochtones font de plus en plus leur place dans les grands médias, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour que les discours et le vocabulaire évoluent. Comment les médias devraient-ils parler des sujets qui touchent les réalités autochtones en 2019? Quels mots choisir? Quels pièges éviter? Isabelle Picard, Melissa Mollen Dupuis et Natasha Kanapé Fontaine, trois femmes qui participent pleinement à l'espace médiatique, apportent leur éclairage.

Isabelle Picard est ethnologue, chargée de cours à l'Université du Québec à Montréal et collaboratrice à La Presse+. Melissa Mollen Dupuis est collaboratrice à l'émission Pas tous en même temps et au site web Espaces autochtones ainsi que cofondatrice du mouvement Idle No More Québec. Natasha Kanapé Fontaine est autrice, poète et comédienne. Elles sont toutes les trois régulièrement interpellées pour intervenir dans les médias sur une diversité de sujets. Nourries par leurs expériences, elles proposent quelques pistes de réflexion.

Des bons coups

Ouvrir des tribunes à des Autochtones pour parler de ce qu'ils veulent, pas uniquement de « sujets autochtones » : Isabelle Picard se réjouit, par exemple, d'avoir été invitée à l'émission Médium large pour faire une revue des magazines sans être obligée de parler de sujets autochtones. Idem pour sa chronique à La Presse+ ou pour celle de Maïtée Labrecque-Saganash (Nouvelle fenêtre) dans le journal Métro, où les deux chroniqueuses ont carte blanche.

Inviter des Autochtones comme experts quand on parle de questions autochtones : Quand un sujet concernant les réalités autochtones surgit dans l'actualité, il est important d'inviter des Autochtones à se prononcer, plutôt que des « experts » non autochtones. Le récent débat sur l'histoire des pensionnats en est un bon exemple.

Une meilleure reconnaissance du parcours distinct des personnes autochtones qui se retrouvent dans des sphères de pouvoir : Natasha Kanapé Fontaine souligne le traitement journalistique qui a été réservé à Jody Wilson-Raybould dans l'affaire SNC-Lavalin. « Je trouve que pour une première fois, les médias portent attention à qui elle est et à d'où elle vient, fait-elle remarquer. Habituellement, on aurait perçu un peu de discrimination ou de sexisme entre les lignes, du fait surtout qu’elle est une femme autochtone. C’est une grande différence avec le traitement médiatique d'il y a six ans, dans les débuts d’Idle No More », se réjouit-elle.

Choisir les bons mots : Autochtones, Indiens ou Premières Nations? Tous ces termes ont des sens différents et ne peuvent pas être utilisés n'importe comment. Il est important de bien comprendre les nuances de chacun pour utiliser le vocabulaire approprié. Le lexique ABC des Autochtones est un bon point de départ à cet égard.

Des pièges à éviter

Celui du « tokenism  » ou de « l'Indien de plâtre » : Le fait d'inviter des personnes autochtones parce qu’il faut inviter des personnes autochtones – la seule fonction de celles-ci est « d’être autochtones ». Elles ne participent pas de manière significative à la prise de décision.

La réconciliation à deux vitesses : Il s'agit d'une réconciliation menée simplement parce que l'autre se sent inspiré ou touché. La durabilité de la relation dépend donc de la capacité des causes autochtones à continuer à « toucher » ou à « inspirer » – ce n'est pas une véritable reconnaissance des droits.

Utiliser « autochtone » comme marqueur d’identité plutôt que le nom de la nation : Par exemple, parler d'une artiste innue plutôt que d'une artiste autochtone, comme on dirait d'un artiste qu'il est Québécois avant de dire qu'il est Blanc.

Des ressources pertinentes pour continuer à s'informer

Les chroniques d'Isabelle Picard dans La Presse+ (elle publie les liens sur son compte Twitter (Nouvelle fenêtre)).

Les chroniques de Melissa Mollen Dupuis sur la page Parole autochtone d'Espaces autochtones et à l'émission Pas tous en même temps.

Le site de Natasha Kanapé Fontaine (Nouvelle fenêtre), pour la suivre dans ses nombreux projets artistiques.

La Trousse d'outils pour les alliées aux luttes autochtones (Nouvelle fenêtre), réalisée par le RÉSEAU pour la stratégie urbaine de la communauté autochtone à Montréal. Elle contient des réponses à beaucoup de questions qui reviennent fréquemment. Un atelier autour (Nouvelle fenêtre) de cette trousse aura lieu le 3 avril 2019.

Espaces autochtones couvre l'actualité selon une perspective autochtone. La section « Comprendre  » compte plusieurs dossiers explicatifs bien fouillés.