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On dira ce qu'on voudra, ICI Première.
On dira ce qu'on voudra, ICI Première.
Audio fil du lundi 26 mars 2018

Du rap queer pour défaire les stéréotypes de genre, avec Kevin Lambert

Des artistes queer qui réveillent le hip-hop

Publié le 27 mars 2018
L'artiste Mykki Blanco, dans le vidéoclip de la chanson « I´m In A Mood ».
L'artiste Mykki Blanco, dans le vidéoclip de la chanson « I´m In A Mood ».PHOTO : tirée d'une vidéo de colorsxstudios

La culture hip-hop a souvent été critiquée pour la place que l'homosexualité y occupe : peu de rappeurs sont ouvertement gais, alors que de nombreuses chansons populaires sont truffées d'insultes et de clichés homophobes. En 2012, le rappeur américain Macklemore a dénoncé les vieux démons du rap avec Same Love, une ballade qui appelle à la tolérance. Quelques années plus tard, quels sont les artistes qui donnent à penser que les choses peuvent changer? L'auteur Kevin Lambert nous fait découvrir des artistes hip-hop qui abordent l'orientation sexuelle et l'identité de genre.

Critique de la démarche de Macklemore
Si Kevin Lambert souligne que la démarche de Macklemore est sans doute portée par des intentions nobles, il ajoute que la représentation de l’homosexualité façon Mackelmore est très traditionnelle, que le rappeur essaie de la rendre acceptable en la rapprochant des valeurs de l’hétérosexualité.

« Ce qui est marquant pour moi, dans ce moment de l’histoire récente de la musique, c’est qu’on voit une rencontre dans l’espace médiatique du rap, un genre reconnu pour sa misogynie et son homophobie, et de l’homosexualité… Mais qui a besoin d’un rappeur hétéro pour être digeste dans l’espace public. »

—  Kevin Lambert, auteur

L’auteur nous présente des artistes qui traitent des thèmes queer, à mille lieues des représentations normalisées qu’il reproche à Macklemore.

Mykki Blanco
Mykki Blanco est déjà actif sur la scène musicale depuis quelques années. Poète et militant, il aborde des sujets queer en se définissant comme transféminin. Kevin Lambert précise le « il », parce que Mykki Blanco utilise le pronom « he », sans se dire homme pour autant.

« Dans son engagement comme dans sa musique, il défend une conception non binaire de la transidentité. Il met l’accent sur la multiplicité des récits et des parcours trans, sur le fait que chaque personne a un rapport au genre qui lui est propre et qui n’a pas à se penser selon les critères du binarisme. »

—  Kevin Lambert, auteur

Princess Nokia

La rappeuse new-yorkaise Princess Nokia parle ouvertement de sa bisexualité, de féminisme et d’autonomisation (empowerment) des femmes grâce à la musique. Son arrivée est un vent d’air frais pour la culture hip-hop, souvent critiquée pour la représentation machiste que l’on y fait des femmes. Ainsi, dans sa chanson Tomboy, elle reprend l’insulte « that girl is a tomboy », pour se la réapproprier.

Kevin Abstract
« Il y a beaucoup de résonances autobiographiques dans la musique de Kevin Abstract », explique l’auteur. Texan d’origine provenant d’un milieu très conservateur, le rappeur a abordé dans ses chansons la difficulté que sa sortie du placard a représentée dans ce contexte.

Dans le clip de la pièce Empty, on le voit dans la chambre d’un jeune joueur de football qui vient d’une famille aisée. Kevin Abstract s’y met en scène comme celui qui vient pervertir la jeunesse de l’Amérique conservatrice.

« J’aime beaucoup l’imaginaire de ce clip, parce que c’est ce que font ces artistes queer : ils s’infiltrent dans la maison du rap, qui est très conservatrice, pour pervertir [le rap] de l’intérieur, pour changer ses valeurs et amener de nouveaux thèmes à partir de l’identité. »

—  Kevin Lambert, auteur