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Dépendance aux réseaux sociaux : une réalité encore peu étudiée

Publié le 5 février 2020
Des jeunes consultent leur téléphone cellulaire.
Les réseaux sociaux sont au cœur de la vie de nombreuses personnes, et certaines d'entre elles peuvent développer une dépendance.PHOTO : iStock

« On a très peu de recul par rapport aux réseaux sociaux. [...] On a très peu de regard critique. Il n'y a personne qui a encadré ça, parce qu'on n'y voyait pas les méfaits, mais aujourd'hui, on est à se poser les questions suivantes : "Quels sont les méfaits et qu'est-ce qu'on devrait faire pour protéger les gens?" », dit Magali Dufour, professeure agrégée au Département de psychologie de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), en évoquant les répercussions psychologiques des réseaux sociaux. Si peu d'études ont été menées jusqu'à présent sur le sujet, il n'en demeure pas moins que Facebook, Twitter et Instagram créent une dépendance chez certaines personnes.

Selon Magali Dufour, de 1 % à 2 % de la population serait aux prises avec une forme de cyberdépendance à l’égard des réseaux sociaux. Cette statistique correspond sensiblement aux chiffres qui sont colligés concernant les personnes souffrant d'un problème de consommation d’alcool ou de drogue.

Selon la spécialiste, il faut cependant demeurer prudent lorsqu’on parle de cyberdépendance, car une personne qui passe énormément de temps sur les réseaux sociaux ne souffrira pas nécessairement de dépendance. N’empêche, il existe des signaux clairs.

« Quand on est dans la dépendance, c’est quand on a perdu le contrôle de notre utilisation. Souvent, les gens vont dire : "Oui, je me lève la nuit pour pouvoir y aller. Je n’ai pas envie d’y aller, je sais que je ne devrais pas y aller, mais j’y vais tout de même." [...] On est un peu obsédé et ça devient un peu le centre de notre vie. »

—  Magali Dufour, professeure agrégée au Département de psychologie de l'UQAM

Le manque de sommeil et la diminution de la productivité au travail sont également des signes d’une dépendance.

Selon Magali Dufour, les géants qui se cachent derrière la création de nombreuses applications pour téléphone intelligent sont à blâmer, en partie.

« On a souvent tendance [...] à responsabiliser la personne en disant : "Tu n’as qu’à te contrôler, c’est de ta faute si tu as un problème de dépendance." Mais en fait, il faut penser la dépendance comme un problème plus large en se disant : "Est-ce qu’on ne devrait pas avoir des lois ou une régulation qui encadrent ces applications-là?" Parce qu’en fait [leurs concepteurs] peuvent mettre des gens vulnérables à risque. »

—  Magali Dufour, professeure agrégée au Département de psychologie de l'UQAM