•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Début du contenu

Première édition du Salon de la mort : Discussion

Médium large, ICI Première.
Audio fil du vendredi 2 novembre 2018

Première édition du Salon de la mort : Discussion

Comment apprivoiser la mort

Phoudsady Vanny, Pierre Marsolais et France Gauthier au micro de Catherine Perrin.
Phoudsady Vanny, Pierre Marsolais et France GauthierPHOTO : Radio-Canada / Olivier Lalande
Médium large, ICI Première.
Médium largePublié le 2 novembre 2018

Pour diminuer la tristesse et le désarroi à l'approche de l'inévitable, il est important de s'y préparer selon ses croyances, de soigner ses blessures émotives et d'informer ses proches de ses choix à propos du don d'organe. C'est l'avis de Phoudsady Vanny, cofondatrice du Salon de la mort, de France Gauthier, conférencière et auteure, et de Pierre Marsolais, médecin. Ils expliquent à Catherine Perrin que la société se trompe en évacuant la mort de la vie quotidienne.

« Il n’y a pas si longtemps, on exposait nos morts dans salons, rappelle France Gauthier. Dans les campagnes, il y a peut-être 50 ans, on faisait ça. Quand mon père est décédé, j’avais 14 ans, on a eu 3 jours de [veille]. Aujourd’hui, on expédie la mort, on ne veut pas la voir. […] C’est sale. On se dépêche de mettre ça dans une urne, on met une petite photo à côté et deux heures après, c’est bouclé, on est aux sandwichs pas de croûte. Je me dis [que] les rituels avaient une raison d’être. »

« Quand on est prêt, qu’on prépare le chemin, qu’on fait les détachements nécessaires, on peut mourir guéri. »

— Une citation de  France Gauthier

Le don d’organe, mode d’emploi

Le Dr Pierre Marsolais est fondateur du Centre de prélèvement d’organes à l’Hôpital Sacré-Cœur de Montréal. Selon lui, il faut s’y prendre avec beaucoup de délicatesse avec les proches d’une personne malade à l’approche du trépas.
« Je déconseille fortement aux médecins, au moment où ils annoncent la mauvaise nouvelle [de mort imminente], de parler tout de suite du pronostic et d’offrir l’option du don d’organe, indique-t-il. Il faut que les gens aient du temps. […] Il faut d’abord annoncer la mauvaise nouvelle. Il faut être assis dans une pièce, la porte fermée, à écouter les gens pendant au moins une demi-heure, et ensuite, ultérieurement, parler du pronostic, et ultérieurement parler de l’option du don d‘organe. À partir du moment où les gens disent oui, on a de 30 à 48 heures devant nous avant que le prélèvement ait lieu. On se fait un point d’honneur de permettre à la famille d’être présente au chevet de leur proche le plus longtemps possible. Régulièrement, on voit un conjoint, un frère ou une sœur couché dans le lit, à côté de la personne qui est sur un respirateur. »

Magasiner sa mort

« On est là pour informer, accompagner, rassurer et célébrer », dit Phoudsady Vanny à propos du Salon de la mort, qui se déroule en fin de semaine à Montréal. « C’est vraiment en terrain neutre. On n’est pas des gens du milieu funéraire. […] Le milieu funéraire est un milieu où j’ai l’impression que tout le monde travaille en silos. Il s’agissait de les rassembler et [de faire en sorte] qu’eux soient à l’écoute du public. Ce n’est pas vous et moi qui allons cogner à leur porte pour savoir ce qui s’y passe, quelles sont les nouveautés. On y va juste quand on en a besoin. »

Le Salon de la mort aura lieu les 3 et 4 novembre au Palais des congrès de Montréal.