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Médium large, ICI Première.
Médium large, ICI Première.
Audio fil du mercredi 4 avril 2018

Survivre aux nids-de-poule : Discussion

Les nids-de-poule, signe enrageant d’un réseau routier à l’agonie

Publié le 4 avril 2018
Marine Corniou, Suzanne Lareau et Yves Desautels au micro de Catherine Perrin
Marine Corniou, Suzanne Lareau et Yves DesautelsPHOTO : Radio-Canada / Olivier Lalande

Les trous dans les routes québécoises empirent parce que ces dernières ont été mal conçues, mal entretenues, mal réparées, souvent en raison de fraudes, si bien qu'elles sont maintenant irrécupérables, en dépit de colmatages aussi répétés qu'inutiles. La journaliste Marine Corniou fait ce constat sévère dans un dossier pour le magazine Québec Science. En compagnie d'Yves Desautels, chroniqueur à la circulation, de Suzanne Lareau, PDG de Vélo Québec, et de Dominic Fugère, DG du Grand Prix de Trois-Rivières, elle explique à Catherine Perrin que la seule solution serait de refaire nos routes depuis leurs fondations, ce qui coûterait trop cher.

« Le nid-de-poule, c’est comme un cancéreux en phase terminale, indique Marine Corniou. La route est finie, en fait. » Elle explique que le phénomène est causé par l’infiltration de l’eau sous le revêtement de la chaussée par des fissures. Lorsque l’eau gèle, la chaussée gonfle de 10 %. « Ça fait éclater la couche du dessus comme du verre, et là-dessus, on passe avec des camions. Ça creuse des trous pas possibles. Le problème, c’est qu’il y ait des fissures dans les routes, ce n’est pas les nids-de-poule. Les nids-de-poule, c’est la phase finale. Les réparations ne tiennent pas parce qu’en fait, on ne peut pas réparer une route qui a des nids-de-poule. C’est un peu comme mettre de la colle dans un trou. […] Ce qu’il faut, c’est intervenir en amont, quand les fissures arrivent. Il faut colmater les fissures, et ça, on le fait très peu, parce qu’on est dans l’urgence. »

De mal en pis
Yves Desautels, qui arpente les rues de Montréal depuis plus de 20 ans comme chroniqueur à la circulation, est formel : « C’est de pire en pire. La chaussée est tellement abîmée, détruite. Je me promène tous les jours là-dedans. La rue Notre-Dame est peut-être la pire. Il faut dire qu’il y a beaucoup de camionnage à cause du port. On répare chaque année, et chaque année, c’est à recommencer. »

Cyclistes, attention
Suzanne Lareau déplore qu’il soit devenu si difficile pour les cyclistes de rouler à Montréal. « Il y a les nids-de-poule, oui, mais il y a aussi la surface qui n’est pas plane, dit-elle. Ça ne cause pas nécessairement de nids-de-poule, mais c’est toutes ces réparations qu’on fait sur les rues et qu’on referme mal. Quand on est à vélo, on est particulièrement sensible à tous ces changements dans la chaussée. C’est très inconfortable d’y rouler. »

« Je dis toujours aux cyclistes : quand vous voyez une flaque d’eau, ne roulez pas dedans. Vous ne savez pas s’il y a un lac en-dessous. »

—  Suzanne Lareau

Un problème de mentalité
La reconstruction complète de nos routes étant trop chère, selon Marine Corniou, une solution plus abordable serait de retirer l’asphalte de nos routes pour n’y laisser que le gravier. Dominic Fugère doute d’une telle avenue et sous-entend plutôt un problème de mentalité au Québec, prenant pour exemple les problèmes de déneigement. « On n’est pas capable d’entretenir les routes de gravier qu’on a déjà. On n’est pas capable de mettre de revêtement antipoussière. Vraiment, ce serait comme jeter le bébé avec l’eau du bain. […] Je suis parti de Montréal ce matin; [nous avons] de très bons équipements pour déneiger et il y avait un minimum de 5 cm de neige tapée et glacée sur la 40, qui est un axe majeur, d’un bout à l’autre. Ne faisons pas dans la fiction. »