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Politique sur les liaisons entre enseignants et étudiants à Concordia

Médium large, ICI Première.
Audio fil du vendredi 2 février 2018

Politique sur les liaisons entre enseignants et étudiants à Concordia

Relations professeurs-étudiants : les premiers pas timides d’une université

Marilyse Hamelin et Yvon Rivard au micro de Catherine Perrin
Marilyse Hamelin et Yvon RivardPHOTO : Radio-Canada / Olivier Lalande
Médium large, ICI Première.
Médium largePublié le 2 février 2018

Le nouveau code de conduite de l'Université Concordia, qui vise à encadrer les liaisons entre enseignants et étudiants, renferme quelques dispositions habiles en plus de mettre fin à une ère de tolérance complaisante envers des abus de pouvoir potentiels, mais il ne va pas assez loin, selon Marilyse Hamelin et Yvon Rivard. Publié vendredi dernier, le code relève la présence d'un conflit d'intérêts dans de telles relations intimes et oblige les enseignants à les déclarer. La journaliste et le professeur de littérature à la retraite expliquent à Catherine Perrin pourquoi il vaudrait mieux carrément interdire ces liaisons.

« Je pense qu’ils sont allés le plus loin qu’ils pensaient pouvoir aller légalement, indique Marilyse Hamelin. On passe d’une tolérance un peu complaisante vis-à-vis de ce type de relation à, au fond, une espèce de désapprobation sociale. […] Je suis très contente de lire dans la politique que [l’établissement] reconnaît la notion de déséquilibre des pouvoirs. Même dans une relation dite consensuelle ou amoureuse, le fait est que ça peut s’avérer abusif dans les faits, ou à tout le moins, déséquilibré. Donc, de telles relations ne sont absolument pas souhaitables sur le plan de l’éthique. »

Les liaisons dangereuses
« Ces relations ne devraient pas voir lieu dans un cadre pédagogique, déclare Yvon Rivard. Pourquoi? Parce que ça détourne la fonction même de l’enseignement. C’est comme un détournement du désir d’apprendre. C’est comme un courtier qui détourne des fonds à son profit. »

Un frein aux « professeurs du désir »
L’auteur du livre Aimer, enseigner estime que le code s’attaque habilement à ce qu’il appelle « les professeurs du désir », soit ces professeurs qui ont, à répétition, des liaisons avec leurs étudiantes, en les obligeant à se déclarer : « On imagine mal, dans le cadre d’un tel code, qu’un professeur, chaque session, chaque année ou tous les deux ans, va voir l’administration en disant : "Ah, je suis encore tombé amoureux!" Là, on va dire : "Écoute, va te faire soigner ou quelque chose." […] Et s’il cache cette relation, il enfreint le code. »