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La défense de la drague insistante : Discussion

Médium large, ICI Première.
Audio fil du mercredi 10 janvier 2018

La défense de la drague insistante : Discussion

Féminisme : les anti-#MoiAussi sèment la discorde

Nathalie Petrowski, Lili Boisvert et Pascale Navarro au micro de Catherine Perrin
Nathalie Petrowski, Lili Boisvert et Pascale NavarroPHOTO : Radio-Canada / Olivier Lalande
Médium large, ICI Première.
Médium largePublié le 10 janvier 2018

Une lettre ouverte, signée par Catherine Deneuve, Catherine Millet et une centaine d'autres personnalités féminines françaises (Nouvelle fenêtre), révèle des fossés générationnels et culturels, en plus d'ignorer les rapports de force au cœur du mouvement #MoiAussi, déplorent Pascale Navarro et Lili Boisvert. Nathalie Petrowski estime que le pamphlet souligne le malaise de la pensée unique. Au micro de Catherine Perrin, les deux chroniqueuses et la journaliste débattent vigoureusement de ce pavé jeté dans la mare #MeToo, qui argue « qu'une certaine liberté d'importunité est indispensable à la liberté sexuelle ».

« Elles parlent de liberté sexuelle, mais la liberté sexuelle de qui? La liberté des hommes, pas la liberté des femmes, dénonce Lili Boisvert. Elles embarquent à fond dans le discours de la sexualité hétérosexuelle, avec l’homme chasseur et la femme qui est une proie. […] On est en train de dire aux femmes : "Si ce n’est pas quelque chose que vous pouvez défendre en cour, vous devriez vous taire!" »

Invoquer le droit à la nuance
Nathalie Petrowski souligne qu’elle a trouvé le texte rétrograde, mais qu’il lui rappelle son malaise avec les mouvements #MeToo, #MoiAussi et #BalanceTonPorc, qu’elle appuie par ailleurs. « C’est aussi un mouvement qui est fondé sur une victimisation. […] Moi, en tant que femme, je n’ai pas le droit de mettre une nuance, de dire : "Oui, je suis d’accord avec #MeToo, mais est-ce que tous les gars qui ont été accusés sont tous des Harvey Weinstein, tous des Matt Lauer?" »

« Ce résultat immédiat à la fois est formidable, à la fois m’inquiète, parce qu’on est dans l’inquisition, ajoute la chroniqueuse. Est-ce que tout le monde est un Gilbert Rozon? […] Tout ce qu’on a depuis trois mois, c’est des récits : "Il m’a fait ceci, il m’a fait cela." Après, quoi? C’est là que je trouve qu’on est juste un peu enfermés. Il n’y a pas d’autre réflexion. Peut-être que ce n’est pas le temps. Peut-être que je vais trop vite. »

Discours dépassé, abus de pouvoir ignorés
Pascale Navarro est outrée, tant par le texte des célébrités françaises que par les objections de sa consœur : « C’est complètement dépassé, comme discours. On entendait ça dans les années 1970. Je n’en reviens pas! »

Elle relate sa propre expérience comme victime d’inconduites sexuelles pour rappeler que toutes les filles et les femmes ne sont pas en position de se défendre : « Ça m’est arrivé à 14 ans! Je ne pouvais rien dire! Voyons donc, tonne-t-elle. Il y a des situations où ça ne se peut pas. C’est ça, l’abus de pouvoir! Je ne comprends pas pourquoi on ne voit pas ça! Il me semble que c’est primordial. Bien sûr qu’il faut se défendre! Aujourd’hui, je sais me défendre, comme plein de filles qui [ont] évolué et [mûri]! Mais pour ça, il faut pouvoir dénoncer. »