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La charge mentale : Discussion

Médium large, ICI Première.
Audio fil du jeudi 18 mai 2017

La charge mentale : Discussion

Ces tâches inconsciemment attribuées aux femmes

Marie-Josée St-Pierre, Martin Couto et Lili Boisvert au micro de Catherine Perrin
Marie-Josée St-Pierre, Martin Couto et Lili BoisvertPHOTO : Radio-Canada / Olivier Lalande
Médium large, ICI Première.
Médium largePublié le 18 mai 2017

De l'éducation des enfants à la lessive en passant par la préparation des repas, ou ne serait-ce que la planification de tout cela, de nombreuses tâches incombent par défaut aux femmes dans la vie domestique de bien des foyers. Une bande dessinée circulant sur les réseaux sociaux (Nouvelle fenêtre) parle de « charge mentale » pour décrire la frustration causée par ce sous-entendu. La journaliste Lili Boisvert, la cinéaste Marie-Josée St-Pierre et le travailleur social Éric Couto expliquent à Catherine Perrin qu'il s'agit là d'une preuve que nous vivons encore dans une société patriarcale.

« C’est ce syndrome que vivent les femmes dans des couples hétérosexuels, où elles réalisent qu’à partir du moment où elles ont des enfants – et certaines même avant, dès qu’elles sont en couple –, elles doivent vraiment gérer la maison. Elles sont un peu les chefs de projet, indique Lili Boisvert. Elles doivent tout organiser, tout planifier. Elles doivent penser à tout. […] Ça se joue à partir du congé parental. Lorsque l’homme quitte rapidement la maison après la naissance de l’enfant, tout le travail, à la maison, tombe par défaut sur les épaules de la femme. »

Exténuant
« On cherche à reproduire les modèles qui nous ont été transmis, dit Marie-Josée St-Pierre. On vit dans une société patriarcale où longtemps, la femme était exclusivement confinée à l’espace domestique et tranquillement, investit l’espace public. J’ai trois filles, je suis [mère de famille] monoparentale. Tout le travail qu’on doit faire à la maison, en plus du travail à l’extérieur… Ça devient très, très difficile de faire le pont entre les deux. C’est quelque chose qui a précipité la séparation de mon couple, me retrouver avec une énorme charge mentale et avoir à toujours demander de l’aide. C’est exténuant. »

Aux hommes de s’investir
« Les hommes doivent investir la sphère privée pour une question de partage, d’équité, de droits, pour fournir des modèles différents, déclare Martin Couto. J’ai vu dans la BD une projection de tous les obstacles qu’un père qui veut s’impliquer va rencontrer : l’idée qu’il n’est pas compétent, qu’il est moins bon, que l’enfant a plus besoin de sa mère que de son père… L’été dernier, au lieu d’être au chômage, c’est moi qui ai pris le congé parental pour le petit dernier. Les gens disaient à ma conjointe : "Ton enfant ne va pas à la garderie, qu’est-ce que tu vas faire?" C’est un problème. »