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Médium large, ICI Première.
Médium large, ICI Première.
Audio fil du jeudi 13 avril 2017

Racisme systémique : Discussion

Comment bien définir le racisme systémique

Publié le 13 avril 2017
Michelle Sirois, Will Prosper et Frédéric Boisrond discutent au micro de Catherine Perrin.
Michelle Sirois, Will Prosper et Frédéric BoisrondPHOTO : Radio-Canada / Olivier Lalande

Des données inexactes, une confusion avec les comportements racistes individuels et l'instrumentalisation des partis politiques créent des interférences dans le débat sur le racisme systémique au Québec. C'est ce qu'avancent Michèle Sirois, anthropologue et présidente de Pour les droits des femmes du Québec, Frédéric Boisrond, sociologue et auteur, et Will Prosper, cofondateur et porte-parole de Montréal-Nord Républik et de Hoodstock. Ils expliquent à Catherine Perrin pourquoi il ne faut pas attendre la commission sur le racisme systémique promise par le gouvernement Couillard.

« Le racisme systémique, c’est [quand] des gens reçoivent des traitements différentiels en lien avec la couleur de leur peau. Ce traitement différentiel est octroyé de manière consciente ou inconsciente. Ça atteint les gens sur les plans politique, économique et culturel », énonce Will Prosper, pour définir le racisme systémique. « Les gens issus des communautés arabo-musulmanes ont un taux de chômage trois fois plus élevé que le reste de la population, même s’ils ont un taux de diplomation plus élevé. Une personne noire avec un diplôme universitaire a moins de chances de trouver un emploi qu’une personne blanche qui n’a pas de diplôme secondaire. »

Évacuer les comportements individuels
« Pour moi, il faut surtout évacuer la question des comportements individuels. C’est probablement ce qui a fait le plus de tort dans ce débat, affirme Frédéric Boisrond. On s’est arrêté sur le fait de savoir si les Québécois sont racistes. […] Ce n’est pas de ça qu’il s’agit. Quand on parle de racisme systémique, à mon avis, [il faut se demander] : est-ce qu’à l’intérieur de nos structures, de nos organisations, dans nos lois, dans la façon que nous articulons l’organisation de la société, est-ce qu’il y a des barrières? Ces barrières-là, bien souvent, sont invisibles. »

Attention aux chiffres et à la tergiversation
« On a évacué la question du racisme systémique contre les Autochtones. Les Autochtones sont d’après moi victimes de racisme systémique, déplore Michelle Sirois. Les chiffres donnés par M. Prosper tiennent compte de l’ensemble des immigrants. On inclut là-dedans les nouveaux arrivants, qui peuvent venir entre autres pour des questions de regroupement familial, qui n’ont pas été choisis en fonction de leur adéquation au marché du travail. Il faut faire attention aux chiffres qu’on prend. […] Le racisme systémique est une chose contre laquelle je me bats. Mais il faut distinguer le racisme du racisme systémique. Il faut faire des actions, et non pas faire de la recherche. »