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Médium large, ICI Première.
Médium large, ICI Première.
Audio fil du mardi 9 mai 2017

Chronique de Sonia Lupien : L'âge auquel on apprend à mentir

Comment les enfants apprennent à mentir

Publié le 9 mai 2017
Jouet en forme de Pinocchio, le pantin dont le nez allongeait chaque fois qu'il mentait
Pinocchio, le pantin dont le nez allongeait chaque fois qu'il mentaitPHOTO : iStock

Fausses croyances, fuites sémantiques, mensonges prosociaux et antisociaux sont autant de concepts que les enfants apprivoisent entre les âges de 2 et 5 ans. Des chercheurs ont pu mesurer comment les enfants en viennent peu à peu à manipuler la réalité à leur guise. Sonia Lupien, chercheuse en neurosciences, explique à Catherine Perrin qu'avant de pouvoir mentir, un enfant doit d'abord concevoir qu'un autre individu puisse penser différemment de lui.

« Un jeune enfant est incapable de concevoir que, s’il pense une chose, l’autre personne peut penser de façon différente, souligne Sonia Lupien. Pour mentir, il faut que la personne qui ment […] soit capable de savoir que l’autre personne [peut] croire son mensonge. Elle doit savoir qu’elle va être capable d’induire une fausse croyance chez l’autre. »

Une habileté qui croît avec l’usage
Selon la spécialiste, ce stade survient vers l’âge de 4 ans. « La question est : “À quel âge mentent-ils bien?” […] C’est difficile, mentir. Ça prend beaucoup d’énergie. Quand ils sont petits, ils vont faire ce qu’on appelle de la fuite sémantique, ils s’échappent et éprouve des difficultés avec la suite des informations. Vers l’âge de 5 ans, ils évitent un peu mieux les fuites sémantiques. Au fur et à mesure qu’ils vieillissent, ils deviennent très bons pour éviter la fuite sémantique. Les adolescents sont très bons pour éviter la fuite sémantique, parce qu’ils apprennent que le mensonge est payant, même si ce n’est pas socialement acceptable. Ils ne l’utilisent pas aussi souvent. »

Il est également question de l’événement 24 h et plus de science.