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Matins sans frontières, ICI Première.
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Rattrapage du mercredi 17 février 2021

Jerry Masiya, le goût indélébile de l'Afrique

Visages du Sud-Ouest : Jerry Masiya

Publié le 17 février 2021
Un homme pose assis dans un photo. Il a les mains croisées
Jerry Masiya est directeur général de Place du partage à WindsorPHOTO : Radio-Canada / Gabriel Nikundana

Dans le cadre du Mois de l'histoire des Noirs, Radio-Canada met en lumière des gens du Sud-Ouest qui, chacun dans leur domaine, ont une influence dans la communauté. Portrait de Jerry Masiya, qui s'emploie à intégrer des immigrants francophones dans Windsor-Essex depuis 15 ans.

Rien ne prédestinait Jerry Masiya à quitter son Congo natal. Son entreprise d'exploitation et de commercialisation des mines fonctionnait parfaitement et il y coulait des jours heureux.

Ça marchait très très bien. On affrétait même des avions-cargos jusqu’en Belgique. On n'avait même pas l’idée de quitter le pays. J'étais très très bien. Très très bien, se rappelle-t-il.

Mais la politique le rejoint. Ses relations avec les anciens colonisateurs ne plaisent pas aux services de renseignement du président Mobutu Sese Seko.

À la fin des années 80, il s'exile au Swaziland puis finalement il atterrit à Montréal en 1990.

Un choc culturel

L'arrivée au Canada ne se fait pas sans heurt. Il apprend à la dure le travail et les codes sociaux, notamment dans une usine de Montréal.

Tout imprégné de ses traditions africaines, il accepte mal de se faire remettre en place par un jeune collègue.

Le même jour où je devais commencer mon boulot, le patron m’a dit d’attendre un peu. J'ai entendu un petit garçon âgé de 18 ou 20 ans. Il m’a dit toi, qu' est- ce que tu fais ici? Tu dois bouger, ici on travaille mon cher, raconte-t-il. Mais ce qui avait plus choqué Jerry Masiya à l'époque, était que l'intervention a été ponctuée de jurons canadiens. C’était pour la première fois que j’entendais ces mots-là, et c’est devenu courant.

Aider les immigrants à s'intégrer

Quelque temps plus tard, il veut tenter sa chance dans un environnement anglophone. Jerry Masiya quitte Montréal pour s’installer définitivement à Windsor.

C'est finalement dans le milieu communautaire qu'il trouve sa place. Dans les années 2000, alors que la région accueille de plus en plus de familles africaines, notamment des femmes plus âgées qui ne parlent que leur langue maternelle, il décide de créer Place du partage. L'organisme s'occupe de l'intégration des immigrants francophones dans la région de Windsor-Essex.

Retour aux sources

Après toutes ses années d'engagement, Jerry Masiya pense aujourd'hui à sa retraite qu'il pense prendre d'ici un an. C'est en République démocratique du Congo qu'il souhaite la prendre, car depuis toutes ces années il n'a jamais perdu le goût de l'Afrique et y reste très attaché.