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Rencontre entre Marie-Louise Arsenault avec l'écrivaine Lise Tremblay

Les grands entretiens, ICI Première.
Audio fil du mardi 20 septembre 2016

Rencontre entre Marie-Louise Arsenault avec l'écrivaine Lise Tremblay

Lise Tremblay : « Quand on écrit, il faut être proche de ses blessures »

L'auteure Lise Tremblay en conversation avec Marie-Louise Arsenault dans le cadre de la série Les Incontournables : portraits d'auteurs (2016)
L'auteure Lise Tremblay en conversation avec Marie-Louise Arsenault dans le cadre de la série Les Incontournables : portraits d'auteurs (2016)PHOTO : Bibliothèque Marc-Favreau/Alexis Robin-Brisebois
Les grands entretiens, ICI Première.
Les grands entretiensPublié le 20 septembre 2016

Écrivaine plutôt discrète, Lise Tremblay est pourtant une habituée des prix littéraires. Son plus récent roman, Chemin Saint-Paul, raconte la mort de son père et la maladie de sa mère. Le livre fait partie des incontournables 2016, les 100 livres d'ici qui racontent le mieux le monde dans lequel on vit. Marie-Louise Arsenault a rencontré en public cette auteure qui assume sa nordicité et n'a pas peur de la mort.

« L'enfance, c'est indélébile »
Lise Tremblay est née à Chicoutimi en 1957 d'un père travailleur forestier et d'une mère enseignante avec un trouble de personnalité. « L'enfance, c'est ce qui te marque le plus. Ça prend toute la vie pour s'en remettre. Après, c'est une longue quête de réparation. » Ainsi, Lise Tremblay, aînée de 5 enfants, choisit plus tard de ne pas avoir d'enfant : « J'avais la fibre maternelle usée. » Mais elle ajoute en riant qu'elle a « compensé » avec 6000 étudiants en enseignant pendant 30 ans.

Trahir son milieu
Bien qu'évoluant dans un milieu ouvrier, sa mère, grande lectrice, féministe avant l'heure, s'intéressait beaucoup à la politique et a exigé que ses filles fassent des études universitaires. À la polyvalente, Lise Tremblay découvre Jack Kerouac, Anaïs Nin et aussi Simone de Beauvoir. À 24 ans, elle s'installe à Montréal après un détour par Toronto pour apprendre l'anglais. « Je suis venue à Montréal pour être un écrivain connu. » Longtemps, elle en a tiré le sentiment de trahir son milieu d'origine, ce qu'elle appelle sa « névrose de classe ».

L'angoisse de l'écrivaine
Lise Tremblay publie son premier roman, L'hiver de pluie, en 1990. Le livre se vend à 1000 exemplaires dès la première édition, un succès à l'échelle du Québec. Depuis, elle en a publié cinq autres, et reçu plusieurs prix, mais son insécurité demeure : « J'ai inventé l'écriture pour arrêter de dormir. »

Écrire pour apprivoiser la mort
Chemin Saint-Paul n'était pas un livre « prévu ». Après avoir survécu à un cancer, le père de Lise Tremblay a subi une récidive. Il a alors refusé les traitements et décidé de mourir. Un « immense exemple de vie » pour sa fille, qui se dit « habitée depuis toujours par la mort, mais pas obsédée par elle ». Elle a choisi plutôt d'en faire un moteur d'écriture.

Réalisation : Joanne Comte