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Rencontre entre Stéphan Bureau et le chef d'orchestre Yannick Nézet-Séguin

Les grands entretiens, ICI Première.
Audio fil du lundi 28 mai 2018

Rencontre entre Stéphan Bureau et le chef d'orchestre Yannick Nézet-Séguin

Yannick Nézet-Séguin, fin prêt pour le Metropolitan Opera de New York

Yannick Nézet-Séguin est aux rênes de l'Orchestre philharmonique de Rotterdam.
Yannick Nézet-Séguin dirige avec émotion l'Orchestre philharmonique de Rotterdam en février 2015.PHOTO : Getty Images / Archives/Hiroyuki Ito
Les grands entretiens, ICI Première.
Les grands entretiensPublié le 29 mai 2018

« Ça fait assez longtemps que je me suis rendu compte que la sincérité, c'est-à-dire l'honnêteté totale, [...] est la seule clé de la clarté », dit le prolifique chef d'orchestre québécois Yannick Nézet-Séguin au micro de Stéphan Bureau. Celui qui dirigera à partir de septembre le prestigieux Metropolitan Opera de New York (Met) assure qu'il s'acquittera de cette tâche avec franchise et authenticité. « La clarté musicale est aussi la clarté du cœur, la clarté de l'esprit. »

« Un orchestre, c’est comme un chien : ça sent tout de suite la peur, ça sent quand on n’est pas sincère. […] Et donc, un chef qui prétend être ce qu’il n’est pas, tout de suite, n’est pas clair », affirme le chef d’orchestre de 43 ans.

Quelques mois avant de prendre les rênes du Met pour cinq ans, Yannick Nézet-Séguin aborde ce nouveau défi avec humilité et, surtout, sans pudeur.

« Au moment où je m’en vais faire la plus grosse chose de ma carrière pour l’instant, commencer au Met, ce qui m’aide, c’est de me dire : "Je ne peux être que moi-même". Donc, je n’ai pas cherché à être Guerguiev; je n’ai pas cherché, et je ne cherche toujours pas à être Ormandy, ou Muti, ou Stokowski. […] Je peux seulement porter ce que moi, Yannick, je peux être. »

—  Yannick Nézet-Séguin

Yannick Nézet-Séguin répète avec l'Orchestre philharmonique de Vienne en mars 2012.

Getty Images / Dieter Nagl

Un leader dans toutes ses facettes
S’il dit être un leader depuis l’âge de 18 ans, Yannick Nézet-Séguin raconte avoir peaufiné cette qualité à l’Orchestre philharmonique de Rotterdam, qu’il a dirigé de 2008 à aujourd’hui. C’est à ce moment-là qu’il a compris que le travail ne se résumait pas qu’à la direction d’orchestre, mais aussi à toutes les tâches méconnues et étroitement liées à la profession. « La communication, c’est au centre de ce qu’un musicien doit être. […] Un chef d’orchestre, c’est un communicateur exposant je-ne-sais-pas-combien, qui doit communiquer par des réunions, par des programmations, par des entrevues. »

« Je pense que c’est important que le leader musical […] fasse un peu partie de toutes les étapes de ce qui permet d’être en scène. »

—  Yannick Nézet-Séguin

L’amour de l’Orchestre métropolitain
Si, en attendant de prendre la direction du Met, Yannick Nézet-Séguin est aussi à la tête de l’Orchestre de Philadelphie et de l’Orchestre philharmonique de Rotterdam, il ne néglige surtout pas l’Orchestre métropolitain (OM), qu’il chérit par-dessus tout.

Yannick Nézet-Séguin dirige l'OM au Concertgebouw d'Amsterdam en novembre 2017.

Radio-Canada / Francois Goupil

Directeur artistique et chef principal de l’OM depuis 2000, le maestro québécois n’hésite pas à se porter à la défense de l’ensemble, que certains mettent souvent en opposition avec l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM). Selon Yannick Nézet-Séguin, il y a de la place dans la métropole québécoise pour les deux orchestres. « Il y a un agacement à avoir l’impression, tout le temps, qu’il n’y a pas de place pour deux. Combien y a-t-il d’orchestres à Paris? À Berlin? À Londres? […] J’ai encore l’impression qu’au lieu d’être accepté, c’est toujours dans une optique de déranger », se désole-t-il.

« Une des richesses de Montréal, c’est d’avoir deux orchestres internationaux, d’avoir deux chefs internationaux. […] Je trouve que c’est une saine compétition, en autant qu’on la considère ainsi. »

—  Yannick Nézet-Séguin

L’OM, qui a connu une première tournée internationale triomphale l'année dernière, ne souhaite pas devenir un orchestre à temps plein avec des concerts chaque semaine, comme c'est le cas pour l’OSM. « Ce n’est pas sa vocation », assure Yannick Nézet-Séguin.

« Ce qui fait la richesse de l’OM, c’est que les musiciens font partie d’autres ensembles musicaux, font beaucoup d’enseignement, font de la musique de chambre, font partie d’ensembles de musique contemporaine, d’ensembles de musique baroque, et se retrouvent pour la musique symphonique plusieurs fois par année pour la partager – et c’est pourquoi il se passe, sur la scène, cette chimie-là. »