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Les grands entretiens, ICI Première.
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Audio fil du mercredi 16 mai 2018

Rencontre entre Stéphan Bureau et l'anthropologue Martine Reid

Martine Reid : l'anthropologue mariée à la culture haïda

Publié le 17 mai 2018
Martine Reid, anthropologue
L'anthropologue Martine ReidPHOTO : Courtoisie

« Ma vie a consisté à essayer de tricoter les autres maillons de la chaîne. » L'anthropologue Martine Reid raconte au micro de Stéphan Bureau comment un « cheminement bizarre » l'a menée à s'intéresser aux potlatchs amérindiens et aux sociétés secrètes des tribus kwakiutl. Marquée par un divorce et le théâtre, Martine Reid a quitté la France pour Vancouver en suivant le chemin de l'anthropologie.

« Je ne peux pas dire que ma vie est extraordinaire, parce qu’elle n’est pas terminée. Je crois qu’elle a bien commencé, raconte Martine Reid. Mon enfance a ensuite été bousculée par le divorce de nos parents quand j’avais 7 ans. Après une enfance idyllique dans un village des Ardennes, tout a changé. » Pour l’anthropologue, ça a été marquant d’être une enfant du divorce dans un environnement très catholique, et de voir sa mère élever seule trois enfants, en changeant de niveau de vie.

Sa mère, très exigeante et perfectionniste, lui a proposé de se marier avec un militaire de carrière, provenant d’une famille où l’armée était un métier depuis des générations. « C’est ce cheminement bizarre qui m’a amenée à quitter ma famille par un mariage qui ne m’a pas satisfaite, mais qui a été pour moi la clé d’évasion. C’est un mariage que ma mère souhaitait et, de toute évidence, je savais très bien que je n’allais pas passer ma vie à servir le thé à madame le colonel ou madame le général. » Martine Reid savait que quelque chose de plus grand l’attendait.

C’est lorsque son mari a été muté en Allemagne qu’elle s’est installée à Paris. Par souci d’indépendance, elle travaillait et s’est inscrite à des cours de théâtre, où elle s’intéressait à l’incarnation de personnages à des lieues de sa personnalité.

Du théâtre à l’anthropologie
C’est un livre dans son édition originale de 1987 qui a changé sa trajectoire. « Un jour par hasard, en regardant les bouquinistes, j’ai vu un livre en très mauvais état, écrit en anglais, de Franz Boas, The Social Organization and the Secret Societies of the Kwakiutl Indians. C’est un livre rempli de danses masquées et je me suis dit que c’était du vrai théâtre, à cause de cette représentation tellement détaillée qui m’a donné envie de m’intéresser à ces gens-là. Ce livre m’a ouvert une porte sur un tout autre monde. »

Martine Reid étudie les tribus de Colombie-Britannique
Dans ses études et recherches en anthropologie, ce sont surtout les nombreux potlatchs auxquels elle a assisté qui l’ont fascinée. « "Potlatch" dérive du jargon "chinook" et veut dire "donner". C’est la cérémonie du don. C’est un évènement qui est à la fois social, politique, économique, artistique et même religieux. C’est un évènement extraordinaire au cours duquel les gens reçoivent leurs noms, et les hommes et femmes sont initiés. C’est une sorte de société secrète et hiérarchisée. Dans cette structure, la danse est supportée par des chants. C’est émouvant et enivrant. »

Martine Reid, fondatrice de la Galerie Bill Reid à Vancouver.

Arnaud Decroix - SRC