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Rencontre entre Catherine Perrin et Louise Millette

Les grands entretiens

Louise Millette, l’ingénieure préoccupée par la dimension sociale de son métier

Louise Millette pose devant un fond bleu.
Louise MillettePHOTO : Polytechnique Montréal
Les grands entretiens
Les grands entretiensPublié le 2 juin 2022

L'ingénieure en génie civil et en environnement Louise Millette a une influence réelle sur la société : « Le meilleur [matériel] d'ingénierie est celui qu'on n'utilise pas. [L'ingénierie] est aussi l'art d'être le plus parcimonieux, le plus économe, le plus approprié que possible dans nos choix technologiques », affirme celle qui préfère sa corde à linge à sa sécheuse pour ses vêtements.

La responsable du Bureau du développement durable à Polytechnique Montréal croit bien sûr qu’on « ne peut pas faire abstraction des technologies qui sont réclamées » par la population. Elle croit que ses préoccupations sociales ont un lien avec ses origines, puisqu’elle a grandi au sein d’une famille modeste à Laval, près de Montréal, à la fin des années 1950, où « jeter, c’était très mal vu ».

Durant ses études d’ingénieure, Louise Millette s’est intéressée à l’eau en particulier. « Tout ce qu’on jette finit par se ramasser dans l’eau », explique-t-elle. Elle porte également une attention à la manière de construire les villes. « Laval et certains de ses grands boulevards, c’était particulièrement laid. »

Peu après avoir obtenu son doctorat, Louise Millette travaille dans le Grand Nord canadien à Kativik, au Nunavik, pour coordonner des mesures visant à régler les problèmes d'isolation des maisons : « J’ai commencé peut-être à mesurer l’ampleur des compromis, finalement. Quand on parle de développement durable, les gens voudraient avoir des solutions de développement durable, alors que c’est toujours une mise en équilibre et des choix. On ne peut jamais tout faire parfaitement. »

Elle accepte son premier emploi chez Bell Canada au début des années 1990. L’entreprise est consciente des questions environnementales qui la touchent : Louise Millette doit donc gérer l’entretien de vieux réservoirs et améliorer l’empreinte durable des poteaux de téléphone.

En 2002, elle devient la première femme à diriger un département de Polytechnique Montréal; elle en est à son sixième mandat consécutif. Elle réussit à convaincre ses collègues à faire de la place à des spécialisations en environnement. « Je souhaitais que tout le monde qui sort du bac […] soit conscient de son rôle pour construire une société plus durable », déclare-t-elle.

Après toutes ces années, Louise Millette propose de construire, ou de reconstruire, des quartiers à l’échelle de village à l’intérieur des villes, des « centres villageois », explique-t-elle en donnant en exemple le centre-ville de Seattle, aux États-Unis.

Également au cours de cette entrevue, Louise Millette discute de la population étudiante de Polytechnique Montréal et de ses intérêts pour un transport en commun qui prend plusieurs formes.