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Les grands entretiens, ICI Première.
Les grands entretiens, ICI Première.
Janette Bertrand, une femme d’instinct et d’émotions

Rencontre entre Franco Nuovo et Janette Bertrand

Janette Bertrand : « Je suis une fille d’instinct et d’émotions »

Publié le 9 avril 2021
Portrait.
Janette BertrandPHOTO : Radio-Canada

Journaliste, comédienne, autrice, dramaturge et féministe, Janette Bertrand est depuis longtemps reconnue pour ses positions progressistes. Elle a grandi dans l'ancien quartier du Faubourg à m'lasse, à Montréal, et était la seule fille d'une fratrie de quatre enfants, de parents qui n'ont pas su l'aimer. « Tout le moteur de ce que j'ai fait vient de là. L'enfance nous marque. [...] Ma recherche d'amour est la base de tout. [...] J'ai compris ça à 90 ans », déclare-t-elle à Franco Nuovo.

Montage du visage de Janette Bertrand accompagné de la citation : « Quand quelqu’un dit que ce n’était pas la Grande Noirceur, c’est qu’il n’était pas dans ma famille. »

Janette Bertrand

Radio-Canada

Après ses études en lettres et en histoire à l’Université de Montréal, Janette Bertrand décroche, au début des années 1950, un poste au Petit Journal, « une chronique contre les hommes ». Quelques années plus tard, cette chronique est remplacée par le courrier du cœur, qui fait époque.

Avec le comédien Jean Lajeunesse, qu’elle a rencontré à l’université, elle met les pieds dans l’univers de la télévision avec Toi et moi, « l’ancêtre d’Un gars, une fille », en 1954, deux ans après les débuts de la télévision au Québec. « On partait de rien. Personne n’avait jamais écrit pour la télévision », mentionne-t-elle sur cette émission qui occupe l’écran pendant six ans. Déjà, Janette Bertrand est résolument féministe.

« Le féminisme, c’est très simple : c’est de vouloir qu’il n’y ait pas d’injustice entre les hommes et les femmes, qu’on soit égaux. On ne veut pas [leur] place, on veut juste être à côté, mais pareilles. »

—  Janette Bertrand

Au milieu des années 1980, son émission L’amour avec un grand A brise bien des tabous en traitant d’alcoolisme, d’homosexualité, de violence conjugale et de relations père-fils.

« Je n’ai jamais eu peur, explique Janette Bertrand. J’avais cette expérience de 17 ans de courrier du cœur, où les gens m’écrivaient toutes sortes de choses […] et j’ai fait énormément de recherche. »

—  Janette Bertrand

Par la suite, Parler pour parler poursuit dans la même lignée et pour l'ouverture d'esprit, pour « apprendre à connaître que les autres ont peut-être raison, qu’ils ont droit d’exister comme ils sont ».

Actuellement, Janette Bertrand est persuadée que la pandémie changera l’être humain. « On s’est aperçu qu’on avait des besoins de sociabilité. On a besoin de toucher les gens, on a besoin de parler, on a besoin de discuter et d’avoir de la visite. […] On a appris qu’on est capables de faire attention aux autres », résume la nonagénaire, qui est fière de sa famille, « sa bulle de 26 personnes ».