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Rencontre entre Franco Nuovo et l'actrice, scénariste et parolière Mouffe

Les grands entretiens, ICI Première.
Mouffe, une carrière en chansons, en films et en mises en scène

Rencontre entre Franco Nuovo et l'actrice, scénariste et parolière Mouffe

Mouffe, une carrière en chansons, en films et en mises en scène

Une femme sourit devant un micro.
La metteure en scène et auteure MouffePHOTO : Radio-Canada / Pascal Michaud
Les grands entretiens, ICI Première.
Les grands entretiensPublié le 13 mars 2020

« J'étais amoureuse des mots. C'est ce qu'il faut quand on écrit », affirme Claudine Monfette, alias Mouffe, à Franco Nuovo. Depuis les années 1960, elle a écrit de magnifiques chansons pour Robert Charlebois, Renée Claude, Nicole Martin et Diane Tell, a joué dans des films de Jean-Pierre Lefebvre et de Gilles Groulx, et a connu une enviable carrière de conceptrice de spectacles, de directrice artistique et de metteuse en scène.

L’aînée d’une famille de quatre enfants a grandi dans un foyer où la culture et l’art étaient extrêmement considérés. Par un hasard de la vie, sa professeure de maternelle a été Andrée Lachapelle, alors enseignante et au début de sa carrière de comédienne; celle-ci l’a encouragée à lire davantage.

Mouffe a été acceptée à l’École nationale de théâtre du Canada, mais sans l’ambition claire de devenir comédienne, d’être sur les devants de la scène. En 1962, sur les bancs d’école, elle a fait une rencontre déterminante : celle de Robert Charlebois.

Un homme, guitare à la main, et une femme chantent sur une scène.

Robert Charlebois, guitare à la main, et Claudine Monfette (Mouffe) chantent à « Donald Lautrec Chaud » en 1970.

Radio-Canada / Francis J. Menten

Le couple a vécu le psychédélisme californien et l’influence du mouvement étudiant de Mai 68. Avec Louise Forestier et Yvon Deschamps, il a créé l'Osstidcho en 1968, au Théâtre de Quat’Sous, à Montréal. « Après, je n’avais plus envie d’être comédienne », explique Mouffe, l’artiste timide qui a cependant adoré tourner pour le cinéma. C’est d’ailleurs lors du tournage du film de Jean-Pierre Lefebvre Jusqu’au cœur qu’elle a écrit sa première chanson.

Photo en noir et blanc d'une femme, devant une fenêtre, qui regarde la caméra.

Mouffe dans une image du film Jusqu’au cœur (1968), de Jean-Pierre Lefebvre, qui apparaît également dans La part du diable, de Luc Bourdon.

Office national du film du Canada

Mouffe a écrit d’un trait la chanson Ordinaire, immortalisée par Robert Charlebois, après que le couple a vu un spectacle de Charles Aznavour. « C’était un texte pas éblouissant, timide, secret et intérieur. Je trouvais que la musique prenait beaucoup de place », analyse-t-elle après tout ce temps. « Julien Clerc l’a chanté, en France, beaucoup l’ont chanté », rappelle Mouffe. Elle a adapté la chanson pour Céline Dion en 2016, ce qui a provoqué quelques désapprobations puisqu’elle y a changé un peu les paroles.

Une deuxième vie

Après 12 ans avec Robert Charlebois, Mouffe s’est retrouvée célibataire à 28 ans. « J’ai recommencé à faire pour gagner des sous ce que je faisais par amour », explique-t-elle. Le producteur Jean Bissonnette lui a donné sa première chance : mettre en scène le spectacle J’ai vu le loup, le renard, le lion sur les plaines d’Abraham, à Québec, en 1974, avec Félix Leclerc, Gilles Vigneault et Robert Charlebois.

Les spectacles et les galas (ADISQ, Juste pour rire) se sont rapidement enchaînés. Renée Claude, Louise Portal, Nicole Martin, Renée Martel, Roch Voisine, Jean-Guy Moreau, Pauline Julien et Monique Leyrac ont profité de son expertise unique. Le concert Magie rose, de Diane Dufresne, au stade olympique de Montréal en 1984, a été « un monstre gigantesque », souligne Franco Nuovo.

Une femme portant une robe rose chante sur scène dans un micro.

La chanteuse Diane Dufresne sur la scène du spectacle Magie rose, en 1984.

Radio-Canada / Jean-Pierre Karsenty

« J’ai dit à Diane : "La seule façon pour que les gens te voient pendant ce spectacle est si tu fais une entrée qui traverse le stade, avec une scène en échafaudage" », raconte Mouffe, qui déplore le manque de budget pour la technique, mais loue la participation de la foule, vêtue en rose en majorité.

Des ateliers d’écriture

Mouffe a connu Gilles Vigneault bien avant leur collaboration sur J’ai vu le loup, le renard, le lion. Il l’a beaucoup protégée, et une réelle amitié s’est développée. Depuis sept ans, les deux artistes offrent des ateliers d’écriture de chansons.

Montage du visage de Mouffe au micro de Radio-Canada, accompagné de la citation : « Gilles Vigneault m’a recrutée pour ses ateliers d’écriture. J’ai pensé que j’étais l’élue de Dieu. »

L'actrice, scénariste et parolière Mouffe

Radio-Canada

« Je me suis lancée dans ce métier qui n’existait pas et j’étais une femme. […] Je devais être inconsciente. Je dois être folle », affirme Mouffe avec humour aujourd’hui. Elle dirait à la petite fille qu’elle a été « d’être une facilitatrice, d’aider les gens à réaliser des choses en partageant avec eux ».