•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Votre destination audio, maintenant aussi sur le web !

Début du contenu

Rencontre entre Franco Nuovo et le réalisateure et scénariste André Forcier

Les grands entretiens, ICI Première.
Audio fil du mardi 5 mars 2019

Rencontre entre Franco Nuovo et le réalisateure et scénariste André Forcier

Le cinéma d’André Forcier, une histoire de famille

André Forcier en studio
Le réalisateur André ForcierPHOTO : Radio-Canada / Jean-Simon Fabien
Les grands entretiens, ICI Première.
Les grands entretiensPublié le 6 mars 2019

Les films du cinéaste québécois André Forcier sont faits en famille. Le lauréat du Prix du Gouverneur général du Canada en 2014 collabore depuis longtemps avec sa femme pour l'écriture de ses longs métrages. Son prochain film, La beauté du monde, est aussi coréalisé par l'un de ses fils, et son frère et un cousin ont participé au scénario.

André Fortier collabore aussi régulièrement avec certains des plus grands acteurs québécois. Roy Dupuis, France Castel ou Céline Bonnier sont ainsi dans plusieurs films du cinéaste qui a réalisé 18 longs métrages dans sa carrière. Son prochain film met en vedette Yves Jacques dans le rôle du frère Marie-Victorin.

Un enfant terrible plutôt sage

Considéré comme l’enfant terrible du cinéma québécois par certains, il raconte à Franco Nuovo qu’il était plutôt sage durant son enfance. Son père était policier et sa mère, téléphoniste chez Bell, ce qui a inspiré au moins deux films. « On s’inspire toujours de ce qui nous entoure », explique celui qui a reçu une trentaine de trophées en carrière, dont un Iris hommage l’année dernière pour souligner ses 50 ans de carrière.

Ses parents s’opposaient d’ailleurs à ce qu’il soit cinéaste. À l’adolescence, André Forcier voulait plutôt être avocat criminaliste. Il raconte qu’il assistait même parfois à des plaidoiries au tribunal.

« J’avais rentré un prof dans les cases, dit-il à propos de son rêve de juriste à l’adolescence. Le directeur m’a dit : "Tu n’auras pas de choix d’option". Je voulais m’en aller en droit et j’étais assez bon en langue pour que je fasse du grec. On m’a dit : non, tu vas faire des arts plastiques. »

Il n’avait alors que 14 ans.

Il aurait ensuite dormi à son premier cours de cinéma, qui portait sur le célèbre réalisateur mexicain Luis Bunuel. La classe aurait ensuite assisté à une projection du film Terre sans pain, de ce cinéaste surréaliste du cinéma muet. André Forcier raconte avoir obtenu 100 % dans son travail d’analyse du film en question et s’être découvert une passion.

Puis il a réalisé un premier court-métrage avec quatre amis étudiants, un film encensé par Gilles Carle dans un jury. Gilles Carle est devenu plus tard un mentor.

André Forcier

Radio-Canada / Mathieu Valiquette

Pénétrer le réalisme jusqu’à la grâce

André Forcier tente, avec ses films, de pénétrer le réalisme, ce qui mène à un certain état de grâce, selon lui, que d’autres qualifient de réalisme magique.

« Je ne pars pas d’une intuition pour arriver à la réalité, c’est l’expression de la réalité qui me donne ce qu’on appelle des intuitions. »

— Une citation de  André Forcier, cinéaste

Il adore son film Le vent du Wyoming, qui a raté de peu une sélection à Cannes. Cependant, à son avis, son meilleur film est Je me souviens, tourné en partie à Val d’Or. Il a d’ailleurs dû débourser 450 000 dollars de fonds personnels pour terminer ce film en noir et blanc.

Pour Le vent du Wyoming, les producteurs avaient refusé que des scènes soient tournées dans l’État du Wyoming.

Le financement de ses films a d’ailleurs souvent mené à des discussions sérieuses avec ses producteurs.

« J’ai encore des discussions avec mes producteurs et mes distributeurs », dit-il en riant, à propos de son dernier film. À son avis, les institutions publiques ont toujours trouvé que ses films étaient trop pointus.

« J’ai toujours passé pour un mauvais garçon, comme un gars qui ne pouvait pas gérer mon budget, alors que mon budget est très bien géré », raconte-t-il. Avant d’ajouter, en rigolant : « Ils m’aiment bien maintenant. »

Un prochain film pour déranger

André Forcier raconte que, pour une rare fois, il a des attentes envers la réception que le public va réserver à son prochain film, La beauté du monde. Celui-ci porte sur des questions socio-environnementales.

« Pour ce film-ci, j’en ai un peu [des attentes], parce que l’on aborde l’universel et l’on dénonce une multinationale. »

— Une citation de  André Forcier, cinéaste

Le film met en scène une compagnie fictive, Transgenia, et se veut une critique de certaines pratiques agricoles industrielles.

« J’ai eu le goût de faire un film plus conscientisé, plus engagé », raconte celui qui est un grand mélancolique, amateur de poésie et d’Hemingway.

Les comédiens Yves Jacques et Mylène Mackay dirigés par André Forcier sur le tournage de La beauté du monde

Pierre Dury