•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Votre destination audio, maintenant aussi sur le web !

Début du contenu

Marie-France Bazzo et la poétesse et actrice Natasha Kanapé Fontaine

Les grands entretiens, ICI Première.
Audio fil du lundi 11 février 2019

Marie-France Bazzo et la poétesse et actrice Natasha Kanapé Fontaine

Natasha Kanapé Fontaine : poétesse avant tout

L'artiste multidisciplinaire et militante Natasha Kanapé-Fontaine
L'artiste multidisciplinaire et militante Natasha Kanapé-Fontaine présente son nouveau recueil de posée intitulé Nanimissuat, île tonnerre.PHOTO : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve
Les grands entretiens, ICI Première.
Les grands entretiensPublié le 12 février 2019

À la fois auteure, comédienne et militante, Natasha Kanapé Fontaine se décrit d'abord comme poétesse. « Je pense que ça englobe tout », lance celle pour qui l'art a été un moyen de renouer avec son identité innue.

« Pour moi, être poète, c’est être observateur, mais surtout témoin, de ce qui se passe autour de soi. […] C’est ma vision de poète qui m’amène à être militante », explique-t-elle au micro de Marie-France Bazzo.

Elle a passé sa petite-enfance avec ses grands-parents à Pessamit, sur la Côte-Nord avant de déménager avec ses parents à Baie-Comeau. Quand elle est entrée à la maternelle, elle ne parlait qu’innu. Pourtant, à l’adolescence, elle a constaté qu’elle ne parlait qu’en français, autant à l’école qu’à la maison.

« Je vivais un intense mal de vivre que je ne comprenais pas. […] Ce n’est que plus tard que je me suis rendu compte que j’aivais été mise à l’écart, que je vivais du racisme. »

—  Natasha Kanapé Fontaine, poète

Le déclic s’est fait en regardant le documentaire Le peuple invisible, de Richard Desjardins, paru en 2007. « C’est là que j’ai compris pourquoi j’avais ce mal de vivre, qu’il n’était pas seulement le mien, qu’il était celui de ceux qui m’ont précédée. »

Elle a alors trouvé dans la peinture et la poésie des moyens de l'aider à apaiser sa colère et à exprimer ses questionnements.

Dans son dernier recueil, Nanimissuat : île tonnerre, paru en 2018, elle continue de panser ses blessures. « Sur cette île tonnerre, une femme se retrouve seule avec sa mère et sa grand-mère, des femmes brisées par l'histoire. »

La poésie comme acte politique

Briser le cycle de la violence, c'est aussi ce que Natasha Kanapé Fontaine a tenté de faire en incarnant Eyota Standing Bear dans Unité 9. « Eyota m’a permis comprendre toutes les failles que j'avais en moi, toute la violence que j’avais accumulée, dont j’avais hérité. »

Si elle a d'abord hésité à accepter le rôle, craignant de reproduire à l'écran le stéréotype de la femme autochtone incarcérée, elle a réalisé qu'il lui permettrait de porter à plus grande échelle la parole des femmes autochtones.

Est-ce que la politique est la prochaine étape?

« De la politique, j'en fais déjà », tranche la poétesse, qui ne se reconnaît pas dans le système politique actuel. Elle aspire plutôt à un autre genre de politique, à l'image de ses racines autochtones et de sa manière de penser.

« Les leaders, ce n'est pas des gens qui prennent des décisions pour les autres, ce sont des porte-parole, des gens qui écoutent leur peuple réfléchir. Pour l’instant, le seul lieu où je peux réaliser ce système politique, c’est en poésie. »

—  Natasha Kanapé Fontaine, poétesse