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Les faits d'abord, ICI Première.
Les faits d'abord, ICI Première.
Rattrapage du 19 juin 2021 : Les poulets tués et la langue française

L'euthanasie de poulets : Discussion avec 3 invités

Ces poulets tués qui dérangent

Publié le 19 juin 2021
Des poules dans des cages.
Le conflit de travail à l’usine Exceldor de Saint-Anselme, dans la région de Chaudière-Appalaches, se poursuit. PHOTO : iStock

L'abattage d'un million de poulets en raison d'une grève dans un abattoir au Québec a semé l'émoi cette semaine. Cet événement a soulevé plusieurs enjeux, mais faut-il revoir notre façon d'aborder l'élevage et remettre en question ces pratiques? Sylvain Charlebois dresse un portrait de cette industrie; Marie-Josée Renaud, de l'Union paysanne, et Pierre-Luc Leblanc, de l'Union des éleveurs de volailles du Québec, réagissent à cette situation.

Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l'Université Dalhousie et directeur du laboratoire en sciences analytiques du secteur agroalimentaire, n’est pas surpris par cet abattage : « C’est un peu ça la faille principale de la gestion de l’offre, c’est que la préoccupation première a toujours été la production. Or, on ne met pas autant d’[insistance] sur la transformation […] où il y a des problèmes ».

Près de 400 producteurs de volailles, dont près de 250 au Québec, sont des fournisseurs d’Exceldor et seront pleinement dédommagés pour leur perte. « De suggérer au public qu’ils sont des victimes, c’est un peu exagéré », soutient Sylvain Charlebois qui rappelle que ce n’est pas la première fois que des poulets sont abattus de la sorte au pays.

« On a vu que le système est défaillant, affirme Marie-Josée Renaud, coordonnatrice à l’Union paysanne. Ce n’est pas juste un conflit de travail. C’est le résultat d’un système qui n’est pas résilient. » L’Union paysanne dénonce une trop grande concentration de la production, de la distribution et de la vente et promeut une multiplication des petites fermes au Québec afin de dynamiser les régions.

Pierre-Luc Leblanc, président de l’Union des éleveurs de volailles du Québec, est en désaccord avec les propos de Sylvain Charlebois et affirme que le problème porte plutôt sur la « capacité d’abattage ». Pierre-Luc Leblanc précise qu’il est en partie propriétaire de la coopérative Exceldor, qu’il continue de produire de la volaille et affirme que les éleveurs dénoncent la concentration de l’abattage, dirigé par Olymel et Exceldor. « Une coopérative comme Exceldor a le devoir de ne pas euthanasier les poulets, de [reloger] les poulets », dit-il. « Notre première mission est de nourrir les gens. »