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Les éclaireurs, ICI Première.
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Audio fil du mardi 6 mars 2018

Entrevue avec Caroline Ménard : Découverte d'une porte d'entrée du stress

Comment le stress permet à la dépression de se rendre au cerveau

Publié le 7 mars 2018
Illustration d'une personne éprouvant des douleurs à la tête ou de la dépression
Le stress chronique permettrait à des protéines de franchir la barrière hématoencéphalique du cerveau et de déclencher la dépression.PHOTO : getty images/istockphoto / yodiyim

« Dès qu'elles sont stressées, leur système immunitaire réagit très fortement, ce qui affaiblit la barrière et permet à des molécules inflammatoires d'entrer dans le cerveau, chose qui ne devrait pas arriver. » En étudiant pendant trois ans des souris déprimées après avoir été soumises à un stress chronique, la chercheuse en psychiatrie et neuroscience Caroline Ménard a découvert que l'intégrité de leur barrière hématoencéphalique, soit la barrière entre le sang et le cerveau, avait été compromise.

Cette petite ouverture, qui « n’est pas comme un accident cérébrovasculaire », a lieu près du secteur du cerveau qui contrôle l’humeur et les émotions, ouvrant la voie à un trouble dépressif. L'équipe n’a pas été en mesure de déterminer s’il y a une vulnérabilité au départ chez les souris déprimées ou si le stress amène ces cellules immunitaires qui affaiblissent la barrière.

Un autre élément que la chercheuse souhaite étudier dans son nouveau laboratoire, situé à l’Université Laval, est l’influence du sexe sur la barrière hématoencéphalique. Actuellement, les recherches en santé mentale sont réalisées exclusivement sur des souris mâles.

Cette découverte ouvre la porte à trois nouvelles avenues :

  • l’utilisation d’imagerie par résonance magnétique pour diagnostiquer la dépression, notamment chez les personnes souffrant d’alzheimer;
  • la détermination de biomarqueurs dans le sang qui pourrait indiquer que la barrière hématoencéphalique est brisée;
  • la création de nouveaux antidépresseurs qui pourraient s’attaquer à cette vulnérabilité.