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Les éclaireurs, ICI Première.
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Audio fil du mercredi 6 septembre 2017

Entrevue avec Nathalie St-Amour : Bigorexie et troubles alimentaires masculins

La bigorexie : quand le sport et le contrôle de son alimentation deviennent une obsession

Publié le 7 septembre 2017
Un jeune homme séduisant, torse nu, tient un poids d'entraînement de sa main droite pendant qu'il se prend en égoportrait avec son portable de la main gauche.
L'obsession du corps et de l'image peut aussi affecter les hommes. PHOTO : iStock

Identifiée en 1993, la bigorexie (ou dysmorphie corporelle) se manifeste par un décalage entre la réalité et la perception de son corps. Ce trouble de santé mentale touche majoritairement les jeunes hommes. Nathalie St-Amour, psychologue et directrice de la Clinique St-Amour, un centre spécialisé dans le traitement des troubles de l'alimentation, explique comment ce désordre affecte la vie de plus en plus d'hommes.

La bigorexie incite les gens qui en sont atteints à s'entraîner excessivement et à se sous-alimenter, en contrôlant de manière maladive tout ce qui pourrait leur faire prendre du poids. On commence tout juste à comprendre les raisons qui peuvent mener à cette perturbation mentale. L’avènement des réseaux sociaux et des égoportraits est, entre autres, montré du doigt.

« Particulièrement chez les jeunes hommes, le fait de partager leurs changements corporels et leur développement musculaire est associé à un rehaussement de l’estime de soi. »

—  Nathalie St-Amour

Des causes multifactorielles
Selon certaines études, la consommation de dérivés de testostérone ou de stéroïdes pourrait contribuer à l’émergence de la bigorexie. Il arrive un moment où les hommes qui en souffrent ont l’impression d’être trop petits et insuffisamment musclés. Cette distorsion de leur image corporelle provoque petit à petit des comportements nocifs pour leur santé.

« En dépit de blessures sportives, une obsession va les porter à poursuivre des entraînements physiques, avec toutes les conséquences négatives qui peuvent en découler. »

—  Nathalie St-Amour

La perception erronée de son corps peut entraîner des comportements malsains.

iStock

Un dépistage difficile
Bien s’alimenter et aller au gym peut donner l’impression que la santé est une priorité. Il est donc difficile de voir les signes de la bigorexie. Pour Nathalie St-Amour, il peut y avoir une grande détresse derrière ce comportement. Celui-ci peut mener à de l’absentéisme au travail, au décrochage scolaire et à des idées noires. Comme pour plusieurs troubles psychologiques, plus on le détecte tôt, plus les chances de guérison sont élevées. Une fois le diagnostic émis, il faut analyser les effets de la bigorexie dans toutes les sphères de la vie du patient et il faut aussi revoir toute sa relation avec la nourriture.

Des signes à considérer
Toujours selon la psychologue, il existe des signes communs aux cas de bigorexie. En voici quelques-uns :

- La personne est incapable de ne pas aller s’entraîner sans culpabilité
- Elle délaisse ses activités sociales
- Elle n’arrive plus à manger au restaurant
- Elle démontre des signes dépressifs

L’entourage immédiat est souvent le premier à constater le trouble. Il faut alors proposer à la personne de rencontrer un professionnel de la santé pour ouvrir une discussion, ce qui est toujours plus difficile chez les hommes.